Les retards de paiement de l'État gabonais continuent de s'accumuler. Selon une circulaire gouvernementale rapportée le 19 octobre 2026 par Reuters, les arriérés de dette publique ont progressé de 9,5% au premier semestre 2026, pour atteindre 1 198,8 milliards FCFA à fin juin. Comparé aux 1 094,6 milliards enregistrés au 31 décembre 2025, ce montant représente une augmentation de 104,2 milliards FCFA en seulement six mois. Cette évolution souligne les difficultés du gouvernement à respecter certaines échéances financières, alors que Libreville cherche à améliorer la gestion de son endettement et à restaurer la confiance de ses créanciers.
Les engagements extérieurs en retard de paiement représentent une part importante de ces arriérés. Selon les données gouvernementales rapportées par Reuters, les impayés envers les créanciers étrangers atteignent 437,3 milliards FCFA, dont 176,7 milliards dus à China Exim Bank et 92,4 milliards aux créanciers multilatéraux. Par différence avec le montant total, les arriérés intérieurs représenteraient ainsi environ 761,5 milliards FCFA, soit près des deux tiers des impayés recensés. Cette répartition illustre l'importance des engagements accumulés sur le marché intérieur, sans permettre de déterminer précisément la part revenant aux fournisseurs de l'administration, aux établissements financiers ou aux autres catégories de créanciers.
Un autre élément retient l'attention : la réapparition d'arriérés envers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), institution du Groupe de la Banque mondiale. Le Gabon avait pourtant procédé à leur apurement en mars 2025. Cette nouvelle accumulation pourrait compliquer les relations financières avec les partenaires multilatéraux, qui accordent une importance particulière au respect des échéances de remboursement. Pour un pays engagé dans des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), la régularisation des engagements envers les créanciers constitue un enjeu pour la crédibilité de sa gestion budgétaire et la mobilisation de nouveaux financements.
Sur le plan intérieur, le niveau des impayés pose également la question de leur composition et de leur calendrier de règlement. Les 761,5 milliards FCFA estimés ne peuvent être assimilés dans leur totalité à des factures impayées aux entreprises, faute de ventilation détaillée par catégorie de créanciers. Néanmoins, les retards de règlement des marchés publics, lorsqu'ils sont concernés, peuvent fragiliser la trésorerie des prestataires et ralentir l'exécution des contrats. Le gouvernement devra donc poursuivre l'identification et la vérification des créances afin de définir un programme d'apurement adapté. Cette démarche s'inscrit dans les travaux engagés autour de l'audit de la dette publique présenté en septembre 2026.
Cette progression des arriérés précède les deux émissions obligataires internationales réalisées par le Gabon en juillet et octobre 2026, pour un montant cumulé de 1,5 milliard de dollars. Les données arrêtées au 30 juin ne permettent donc pas d'apprécier les effets éventuels de ces financements sur le règlement des impayés au cours du second semestre. Parallèlement, le projet de budget 2027 prévoit d'importantes ressources destinées au financement de l'État et au service de la dette. Pour les autorités, le défi consiste désormais à éviter la constitution de nouveaux arriérés tout en honorant les engagements existants et en préservant les moyens consacrés aux investissements publics. La prochaine actualisation des données de la dette permettra de mesurer si les efforts engagés se traduisent par une réduction effective des retards de paiement.
Idrissa Diakité
Publié le 20/10/26 10:38
La Rédaction
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