Le financement du Gabon sur le marché régional repose d'abord sur les banques. À fin juillet 2026, les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) détenaient 1 804,1 milliards FCFA de titres émis par Libreville, tandis que les autres établissements de crédit en portaient 1 052,5 milliards. Ensemble, ces deux catégories concentrent 2 856,6 milliards FCFA, soit 83,4 % des 3 424,1 milliards FCFA de valeurs du Trésor gabonaises en circulation. Plus de quatre francs sur cinq empruntés par l'État sur ce marché se retrouvent donc dans les portefeuilles des établissements bancaires et de crédit.
Cette présence a accompagné le changement d'échelle du Trésor gabonais. En juillet 2021, l'encours de ses titres publics s'établissait encore à 1 086,7 milliards FCFA. Il atteint désormais 3 424,1 milliards, faisant du Gabon le premier émetteur du marché de la CEMAC. Rien qu'entre juillet 2025 et juillet 2026, l'encours est passé de 2 624,5 à 3 424,1 milliards de FCFA, soit près de 800 milliards supplémentaires. Le système financier régional a donc jusqu'ici permis à Libreville d'élargir considérablement les montants mobilisés sur ce marché.
Les banques ne sont cependant pas seules à répondre aux besoins du Trésor. Les investisseurs institutionnels détiennent 476,35 milliards FCFA, soit 13,91 % de l'encours gabonais, tandis que les personnes physiques en possèdent 65,62 milliards, soit 1,92 %. La BEAC détient également 25,49 milliards. La situation reste néanmoins très déséquilibrée : les seuls SVT pèsent 52,69 % du portefeuille, et l'ajout des autres établissements de crédit fait passer la composante bancaire au-dessus de 83 %.
Cette capacité de financement dépasse par ailleurs les frontières gabonaises. Les investisseurs établis au Gabon détiennent environ 1 495,2 milliards FCFA des titres émis par leur propre État, tandis que ceux installés au Cameroun en possèdent 1 171,8 milliards. Les investisseurs congolais en portent 277,2 milliards, ceux du Tchad 288,4 milliards et ceux de Guinée équatoriale 122,6 milliards. Le Trésor bénéficie ainsi pleinement du caractère régional du marché : lorsqu'il emprunte, il ne dépend pas uniquement des ressources disponibles à Libreville.
Un soutien qui n'est toutefois pas gratuit. En juillet 2026, le coût moyen des obligations du Trésor assimilables gabonaises atteignait 10,13 %, contre 7,35 % un an auparavant. Le constat reste donc à moitié plein : le Gabon a trouvé dans les banques et le marché régional une profondeur suffisante pour porter son encours à plus de 3 400 milliards FCFA, mais cette capacité s'accompagne désormais de conditions financières plus exigeantes. Pour le Trésor, l'enjeu sera de conserver cette importante base de financeurs tout en maîtrisant le prix auquel il lui demande de continuer à l'accompagner.
Idrissa Diakité
Publié le 03/09/26 12:08
La Rédaction
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CEMAC