Selon les informations du très introduit Africa Intelligence, un bras de fer financier de 20 millions de dollars oppose désormais la Gabon Oil Company (GOC) au groupe turc Karpowership. Ce nouveau contentieux, né des impayés de fourniture de fioul, confirme la fragilité d'un montage financier où la compagnie pétrolière nationale est appelée à la rescousse pour éponger les dettes d'une SEEG structurellement déficitaire.
Le différend porte sur une ardoise cumulée de 19,9 millions de dollars (environ 11,2 milliards FCFA). Dans le détail, la GOC se voit réclamer 16,8 millions de dollars au titre de l'achat de fioul destiné à alimenter les centrales flottantes, auxquels s'ajoutent 3,1 millions de dollars pour les travaux de raccordement au réseau de gaz. Si la GOC a été désignée par les autorités comme le payeur de dernier ressort pour sécuriser l'approvisionnement électrique du Grand Libreville, elle rechigne désormais à honorer ces créances qu'elle estime devoir être imputées à la SEEG.
Cette tension comptable intervient alors que la SEEG traverse une double zone de turbulences à la fois financières et opérationnelles. Avec des pertes annuelles évaluées à 40 milliards FCFA, dont une grande partie est due à la fraude et à une production non facturée atteignant 30 %, l'électricien national est incapable de supporter seul le coût des navires turcs. Malgré le déblocage en urgence par l'État de 7 milliards FCFA le 19 mars dernier pour éviter un black-out.
L'implication de la GOC, opérateur pétrolier national, dans ce circuit de paiement crée un effet domino sur les finances publiques. En détournant une partie de ses revenus pétroliers pour subventionner indirectement la consommation d'électricité, la compagnie fragilise sa propre capacité d'investissement dans l'amont pétrolier. La résolution de ce conflit de 20 millions de dollars apparaît désormais comme le préalable indispensable à la grande réforme du secteur énergétique gabonais. Alors que la scission de la SEEG est actée pour 2026, l'État devra arbitrer ce litige pour rassurer ses partenaires internationaux.
Publié le 15/04/26 11:38
La Rédaction
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CEMAC