L'explorateur canadien ReconAfrica ne veut pas creuser à l'aveugle. Détenteur de 55 % du bloc offshore Ngulu, le groupe vient de lancer un vaste programme de retraitement des données sismiques. L'idée est de reprendre d'anciennes images du sous-sol pour les passer au crible des dernières technologies numériques. Cette étape est cruciale pour nettoyer la vue sur le gisement de Loba et sécuriser les futurs investissements avant de sortir les plateformes de forage.
Pour percer les mystères des couches de sel sous-marines, ReconAfrica mise sur des outils d'imagerie de pointe. Sur une zone de 400 km2, l'entreprise va cartographier les réservoirs avec une précision chirurgicale. Ce virage vers l'offshore gabonais est un pari stratégique pour le PDG Brian Reinsborough, qui cherche à équilibrer les activités du groupe, jusqu'ici très dépendantes de ses projets terrestres en Namibie.
Le verdict technique est attendu pour le quatrième trimestre 2026. C'est à cette échéance que l'entreprise livrera ses conclusions finales et, surtout, un rapport certifiant le volume de pétrole potentiellement récupérable. Pour les investisseurs, ce document sera le véritable juge de paix et déterminera si le champ de Loba est assez rentable pour justifier le lancement d'un puits d'évaluation et, à terme, une mise en production.
Cette approche, qui privilégie la donnée avant l'action, s'inscrit dans la nouvelle dynamique pétrolière du Gabon. En utilisant la technologie pour redonner vie à des zones déjà connues, ReconAfrica espère transformer rapidement son permis d'exploration en une exploitation génératrice de cash-flow. Le rendez-vous est pris pour fin 2026, une date clé qui fixera l'ambition réelle du Canadien dans les eaux gabonaises.
Idrissa Diakité
Publié le 17/04/26 13:09
La Rédaction
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