Au lendemain de l'annonce de la Haute Autorité de la Communication (HAC) suspendant les réseaux sociaux " jusqu'à nouvel ordre ", les premières données techniques disponibles confirment l'exécution effective de la mesure. Les indicateurs de surveillance du trafic Internet montrent que Facebook, Instagram, WhatsApp, TikTok, YouTube et Messenger apparaissent comme inaccessibles sur les principaux réseaux du pays.
Chez Airtel et GVA-Canalbox, les plateformes concernées affichent un taux de “reachability” de 0 %. Concrètement, c'est une coupure totale d'accès depuis ces réseaux. Le blocage ne se limite pas aux simples pages web : il touche également les interfaces, les réseaux de distribution de contenu (CDN), certaines API mobiles et services backend. Ce niveau de filtrage indique une restriction technique structurée et déployée à l'échelle des infrastructures des opérateurs.
La situation est plus nuancée chez Gabon Telecom, où le taux de connectivité ressort à 33 % sur plusieurs services. Ce chiffre confirme un blocage partiel. Plusieurs scénarios sont possibles : mise en œuvre progressive de la mesure, filtrage incomplet, routes alternatives encore actives ou différences de configuration selon les terminaux et les points de sortie réseau. Dans certains cas, l'accès peut apparaître intermittent selon que la connexion passe par un réseau mobile, une fibre résidentielle ou des configurations spécifiques d'appareils.
Ces éléments montrent donc que la suspension n'est pas symbolique mais techniquement appliquée. Il ne s'agit pas d'un black-out Internet général, mais d'une coupure ciblée des plateformes sociales, exécutée via les fournisseurs d'accès nationaux. La décision marque un durcissement de la régulation numérique au Gabon, avec des effets immédiats sur l'information, la communication institutionnelle et l'activité économique dépendante des réseaux sociaux.
Publié le 18/02/26 13:38
La Rédaction
SN
CEMAC