Dans un souci de transparence radicale, les autorités de Libreville ont annoncé la création d'une commission spéciale dédiée à l'audit intégral de la dette publique. Cette mission, qui s'étalera sur une période de deux à trois mois, vise à passer au crible l'ensemble des engagements financiers contractés entre 2016 et 2023. Cette initiative répond à une exigence de clarté sur la destination réelle des fonds empruntés sous l'administration précédente, alors que les soupçons de détournements et de mauvaise gestion pèsent sur la crédibilité du pays.
Le périmètre de cet audit est particulièrement critique puisqu'il cible les défaillances systémiques ayant conduit à l'abandon de certains chantiers prioritaires. Le ministère des Finances pointe du doigt des projets jamais réalisés malgré les décaissements effectués, ainsi que l'absence de transfert de fonds vers les comptes du Trésor public. Cette opération vérité doit permettre de distinguer la dette saine, ayant servi au développement, de la dette illégitime issue de violations flagrantes des règles budgétaires et des procédures de passation de marchés.
La supervision de cette commission a été confiée au ministre de l'Économie et des Finances, avec un appui technique direct du FMI. Cette collaboration internationale garantit l'impartialité des résultats et renforce la position du Gabon dans ses négociations pour un nouveau programme financier. En s'attaquant au passif de la période 2016-2023, le gouvernement cherche à assainir le bilan de l'État pour repartir sur des bases saines avec ses créanciers bilatéraux et multilatéraux.
Outre la simple vérification comptable, cet audit de 90 jours constitue un signal fort envoyé aux partenaires au développement. Il s'agit désormais de prouver que le Gabon est désormais résolu à sanctionner les manquements aux règles de gestion publique et à optimiser l'utilisation de la ressource. Le rapport final attendu d'ici l'été 2026 sera un document pivot pour définir la trajectoire de la dette gabonaise et restaurer la signature du pays sur l'échiquier financier régional et international.
Publié le 02/05/26 16:46
La Rédaction
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CEMAC