Et si Libreville discutait avec deux prétendants pour un seul gisement ? C'est la question que soulève la rencontre organisée ce 17 juillet entre le vice-président du gouvernement Hermann Immongault et une délégation du groupe chinois Hui Neng, conduite par son vice-président Li Yongzhen. Officiellement centrée sur les " opportunités d'investissement " autour du potentiel minier de la Nyanga dans la partie sud-ouest du pays, la réunion a mobilisé pas moins de cinq portefeuilles ministériels, Transports, Eau et Énergie, Mines, Industrie, Environnement, un dispositif qui traduit l'intérêt réel porté par les autorités à cette prise de contact.
Reste que le gisement cité, celui de Banio, n'a rien d'un terrain vierge : Millennial Potash Corp y détient depuis trois ans l'essentiel de ses permis d'exploration, une position que le marché canadien valorise et que la société s'emploie à sécuriser jusqu'à l'obtention d'un permis d'exploitation. Le groupe chinois Hui Neng se présente comme un groupe actif dans l'énergie, la chimie thermique et la potasse, avec une implantation revendiquée au Laos, deuxième réserve mondiale de potasse et marché où les opérateurs chinois, à l'image d'Asia-Potash International, occupent déjà une place dominante, ainsi qu'en Sierra Leone.
Ses dirigeants ont indiqué être venus s'informer sur la stratégie gouvernementale et les mécanismes d'accompagnement, sans détailler à ce stade la nature exacte du projet visé. En face, Millennial Potash affiche un parcours suivi par le marché : la société détient environ 1 500 km² de permis d'exploration sur le bassin de Banio, entre le permis historique de Mayumba et le permis Haute Banio acquis en février dernier. Sa Definitive Feasibility Study et son étude d'impact environnemental et social sont en cours, avec un objectif d'achèvement fin 2026 en vue d'une demande de permis d'exploitation.
Le projet bénéficie par ailleurs du soutien financier de la DFC américaine, et la société a multiplié les gestes d'ancrage institutionnel avec Libreville, dont une visite de terrain du ministre des Mines début juillet et une présence conjointe au PDAC de Toronto en mars. Le bassin potassique de la Nyanga est vaste, et l'intérêt chinois pourrait porter sur des surfaces non couvertes, sur la chaîne de transformation industrielle évoquée par Immongault, ou sur des infrastructures connexes comme le futur port en eau profonde de Mayumba, également au menu des échanges.
Publié le 18/07/26 11:13
La Rédaction
SN
CEMAC