menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

Gabon/Budget 2026 : L’optimisme du gouvernement face à la mesure de la Banque mondiale

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 0h6min

Le gouvernement gabonais affiche une confiance inédite dans ses perspectives économiques. Avec un projet de loi de finances 2026 arrêté à plus de 7 200 milliards FCFA, il table sur une croissance de 7,9%, soutenue par un volume d'investissements publics jamais atteint et par la méthode du budget base zéro, censée garantir discipline et efficacité. Les autorités misent notamment sur la relance de la production locale, la modernisation des infrastructures et l'élargissement de l'assiette fiscale, afin de transformer l'économie et de réduire la dépendance au pétrole.

Pourtant, la Banque mondiale, dans sa note de conjoncture publiée en juin 2025, adopte un ton plus mesuré. Certes, elle reconnaît une légère accélération de la croissance à 2,9% en 2024, mais souligne que les défis structurels persistent. Infrastructures défaillantes, dépendance excessive au pétrole et chômage des jeunes proche de 20%. À ses yeux, le potentiel du pays reste fragilisé par une dette publique élevée (72,5% du PIB en 2024, potentiellement 83% en 2026) et par des marges budgétaires réduites, qui pourraient compromettre la viabilité des ambitions affichées.

Alors que le gouvernement projette un rebond économique tiré par l'investissement et la diversification, la Banque mondiale estime que la croissance entre 2025 et 2027 devrait se limiter à environ 2,4%, insuffisante pour réduire la pauvreté de manière significative. Elle insiste d'ailleurs sur la nécessité d'un assainissement budgétaire rigoureux, face à la hausse continue de la dette et aux pressions sur la trésorerie. Sans réformes structurelles fortes, l'optimisme gouvernemental pourrait se heurter à la dure réalité des marchés et des finances publiques.

Les divergences portent aussi sur la nature des leviers à activer. Le gouvernement met en avant de grands projets d'infrastructures et un effort massif d'investissement comme moteur de l'emploi. La Banque mondiale, elle, insiste davantage sur le renforcement du capital humain, l'efficacité des dépenses sociales et la transformation du secteur privé. Selon elle, seule une meilleure gouvernance, une gestion transparente des ressources naturelles et un climat des affaires amélioré permettront de convertir les richesses naturelles en prospérité partagée.

D'un côté l'État parie sur une relance rapide et spectaculaire, de l'autre la Banque mondiale appelle à la prudence et à la rigueur. Entre ambition et réalisme, le Gabon joue une partie décisive. Si l'optimisme budgétaire parvient à se concrétiser par des projets bien exécutés, la confiance pourra être restaurée. Dans le cas contraire, les alertes de la Banque mondiale risquent de se confirmer, rappelant que la soutenabilité prime sur la seule grandeur des chiffres.

Idrissa Diakité 

Publié le 25/09/25 16:58

Jean Mermoz Konandi

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

4XVlLgeUdzcSluvrNknLb3UC_y4eT_Qrgq675T5ybXA False