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Gabon/Inde, Japon, France : La transformation locale du manganèse attire les convoitises

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Le secteur minier gabonais, et en particulier la filière du manganèse, suscite un intérêt croissant de plusieurs puissances économiques. L'Inde, le Japon et la France multiplient les initiatives pour se positionner sur un marché appelé à évoluer rapidement, alors que Libreville prépare l'interdiction des exportations de minerai brut à partir du 1er janvier 2029.

Ce 14 août 2025, le ministre gabonais des Mines et des Ressources géologiques a reçu à Libreville une délégation indienne, conduite par le haut-commissaire de la République d'Inde. Active dans les secteurs du manganèse et de l'acier, cette mission a exprimé sa "volonté de renforcer les échanges économiques avec le Gabon, en misant sur les opportunités offertes par la transformation locale des minerais".

Le ministre a insisté sur la nécessité d'élargir la coopération aux transferts de compétences, tandis que des discussions avancées visent la signature prochaine d'un protocole d'accord (MoU) entre les deux pays pour formaliser ce partenariat.

Quelques semaines plus tôt, le 23 juillet 2025, le vice-président gabonais, Alexandre Barro Chambrier, s'était rendu au Japon pour promouvoir les investissements dans des secteurs jugés stratégiques, dont l'aval minier.

Le 28 juillet, à Tokyo, la délégation gabonaise a signé une lettre d'intention avec l'Association japonaise de l'économie africaine et du développement (AFRECO) afin de renforcer la coopération dans les infrastructures, l'agro-industrie et les énergies renouvelables.

Mais l'annonce majeure est venue de la rencontre avec Asia Minerals Limited (AML). Créée en 1993 à Hong Kong, AML est un acteur majeur du manganèse, présent de l'extraction à la production de ferro-alliages et de produits chimiques. L'entreprise gère notamment une fonderie en Malaisie (220 000 tonnes/an) et une mine en Afrique du Sud (2 millions de tonnes/an).

À l'issue des discussions, AML a donné son accord de principe pour implanter au Gabon une unité de transformation. Une mission technique est attendue dans les prochains jours pour évaluer les sites potentiels et définir les paramètres techniques. Le 4 août, à Libreville, le président d'AML et l'ambassadeur du Japon ont rencontré les ministres gabonais de l'Énergie, des Mines, de l'Industrie et des Transports pour lancer un cycle de négociations sur ce projet.

Face à ces nouveaux entrants, le français Eramet, via sa filiale Comilog, entend maintenir son leadership. En 2024, l'entreprise a produit 6,8 millions de tonnes de manganèse au Gabon et prévoit de transformer localement au moins 2 millions de tonnes par an. Le groupe promet la création de plus de 16 000 emplois directs et indirects, l'installation de son siège social à Libreville et la nationalisation progressive de postes de direction.

La décision du Gabon d'interdire l'exportation de manganèse brut à partir de 2029 marque un tournant stratégique. L'objectif est de capter davantage de valeur ajoutée sur place, de stimuler l'emploi local et de renforcer la place du pays comme pôle industriel régional. Cependant, pour tous les acteurs, les défis sont considérables : assurer un approvisionnement énergétique fiable, moderniser les infrastructures ferroviaires et portuaires, et former une main-d'œuvre qualifiée.

Si l'Inde concrétise son partenariat et si AML confirme son implantation, la transformation locale du manganèse gabonais pourrait entrer dans une nouvelle phase, marquée par une concurrence accrue entre puissances industrielles et une attractivité renforcée du pays pour les investisseurs étrangers.

Perton Biyiha

Publié le 14/08/25 13:30

La Rédaction

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