La Guinée équatoriale se rapproche de la mise en exploitation de trois complexes aquacoles appelés à modifier l'équilibre de sa production halieutique. Le 20 juillet, le Premier ministre, Manuel Osa Nsue, a effectué une visite technique des sites d'Ela Nsok Efac, d'Oveng et d'Ayantangan, construits dans le cadre du Projet d'appui au développement des chaînes de valeur du secteur de la pêche et de l'aquaculture (PASPA), financé par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur d'environ 60 millions d'euros.
Si les capacités annoncées sont effectivement atteintes, ces infrastructures ajouteront 4 000 tonnes de poissons par an à la production nationale. Celle-ci passerait ainsi d'environ 4 500 tonnes actuellement à près de 8 500 tonnes par an.
Ce déplacement du chef du gouvernement visait à évaluer l'état d'avancement des chantiers avant leur mise en service. Selon le communiqué officiel, " sur le site d'Ela Nsok Efac, le Premier ministre a indiqué que la construction était pratiquement terminée, seule l'installation des équipements restant à finaliser, ce qui devrait s'achever en décembre prochain. Cette usine aura une capacité de production estimée à 1 000 tonnes par an ". Les deux autres complexes afficheront des capacités respectives de 2 000 tonnes par an à Oveng, dans le département d'Ebibeyin, et de 1 000 tonnes par an à Ayantangan, dans celui de Micomiseng.
Une production encore insuffisante face à la demande
La mise en service de ces infrastructures répond à un déficit de production qui persiste malgré l'important potentiel halieutique du pays. Bien que la Guinée équatoriale dispose d'un vaste domaine maritime sur le golfe de Guinée, sa production nationale reste inférieure aux besoins du marché intérieur.
Les statistiques de la FAO pour 2022, reprises par la Banque mondiale, montrent que le pays produit environ 4 500 tonnes de poissons par an. Cette production provient presque exclusivement de la pêche de capture, tandis que l'aquaculture demeure marginale.
À travers le PASPA, les autorités entendent précisément inverser cette tendance en développant une filière aquacole capable de compléter les captures maritimes et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations de produits halieutiques. Selon le rapport d'évaluation du projet, le programme ambitionne, à terme, de porter la quantité de poissons disponible sur le marché à 19 126 tonnes par an et de plus que doubler les revenus des pêcheurs, des aquaculteurs, des transformateurs et des commerçants.
Au cours de cette visite, les autorités ont également évoqué les dernières étapes à franchir avant le démarrage effectif des activités. Le communiqué officiel précise qu'" au cours de ces visites, la nécessité de finaliser l'installation des équipements en cours, de définir le modèle de gestion opérationnelle et d'élaborer une stratégie marketing garantissant la viabilité économique du projet a également été soulignée ".
Perton Biyiha
Publié le 22/07/26 04:00
La Rédaction
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