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RDC : Une autoroute de 90 km pour fluidifier le transport du cuivre et du cobalt

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Le gouvernement congolais veut relier par la route le port sec de Kasumbalesa, Lubumbashi et le bassin minier de Kambove. Le projet a été au centre d'une rencontre tenue mercredi à Kinshasa entre le ministre des Infrastructures et des Travaux publics, John Banza Lunda, et une délégation d'investisseurs sud-africains conduite par le directeur général du Fonds de promotion de l'industrie, Hervé-Claude Ntumba Batukonke.
 
Selon le communiqué issu de cette rencontre, l'infrastructure serait aménagée en six bandes de circulation, réparties en trois voies dans chaque sens. Le ministre entend échanger avec le gouverneur du Haut-Katanga, Jean-Marie Kazembe, pour examiner les modalités susceptibles de faire avancer le projet.
 
 
L'axe Kasumbalesa-Lubumbashi n'est pas un nouveau projet. Un protocole d'accord avait déjà été signé en mai 2023 entre le gouvernement provincial du Haut-Katanga et la société sud-africaine Yellowstone, pour une route de 90 kilomètres à quatre voies, financée à hauteur de 250 millions de dollars. Le tronçon annoncé cette semaine porte sur un schéma élargi à six voies, avec une extension vers Kambove. Aucun montant d'investissement n'a en revanche été communiqué pour cette version étendue du projet.
 
Cette autoroute s'ajouterait à un autre chantier déjà engagé par Yellowstone dans la même zone. En décembre 2025, l'Office de gestion du fret multimodal et la société ont signé un contrat de concession portant sur le développement, le financement, la construction puis l'exploitation du port sec de Kasumbalesa, pour un montant de 599,9 millions de dollars. Le montage retenu est un partenariat public-privé de type construction-exploitation-transfert, sur une durée de 23 ans. Standard Bank agit comme banque coordinatrice, aux côtés d'Afreximbank dans le financement. La due diligence du projet a été achevée en août 2026 et le démarrage des travaux est annoncé pour janvier 2027.
 
Le futur port sec doit couvrir 58 hectares, avec une capacité de stationnement de 2 000 poids lourds, des entrepôts, des installations douanières et des capacités de stockage d'hydrocarbures.
La pression du trafic minier à Kasumbalesa
 
Le poste-frontière de Kasumbalesa concentre l'essentiel des échanges routiers entre le Haut-Katanga et la Zambie. En mai 2026, plus de 250 camions y avaient été immobilisés après l'instauration d'un nouveau dispositif de contrôle, un épisode qui avait mis en évidence la saturation de ce qui est décrit comme le principal corridor économique de la province.
L'extension prévue vers Kambove viserait précisément le cœur du bassin cuprifère et cobaltifère du Haut-Katanga. La zone regroupe plusieurs gisements, dont Kambove Principal, Kamoya et Kamfundwa. L'exploitation y est assurée par Kambove Mining SAS, détenue à 55 % par la China Nonferrous Metal Mining Corporation et à 45 % par la Gécamines, qui vise une production de 37 000 tonnes de cuivre pour 2026.
 
Un corridor routier à six voies entre Kambove, Lubumbashi et Kasumbalesa réduirait les temps de transport des minerais vers la frontière zambienne, porte d'entrée vers plusieurs routes d'exportation d'Afrique australe. Il permettrait aussi de mieux organiser la circulation des poids lourds à l'approche de Lubumbashi, où le trafic minier se mêle aujourd'hui à la circulation urbaine.
 
Les modalités de financement de cette autoroute restent toutefois à préciser. Le ministre et la délégation d'investisseurs se sont limités, à ce stade, à afficher leur volonté commune de faire avancer les études.
 
Claude Paul Tjeg

Publié le 13/09/26 16:43

La Rédaction

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