Après avoir reculé en valeur en 2025, la dette publique de la Guinée équatoriale devrait renouer avec une trajectoire ascendante à partir de 2027. Selon les Perspectives économiques et budgétaires 2026-2028 de la Guinée équatoriale, élaborées à partir des données de l'Institut national de statistique de Guinée équatoriale (INEGE), le ratio d'endettement passerait de 32,3 % du PIB en 2025 à 31 % en 2026, avant de remonter à 33,3 % en 2027, puis à 34,9 % en 2028.
Sur la base des PIB nominaux projetés dans le même document, la dette publique atteindrait ainsi environ 2 414 milliards de FCFA en 2026, 2 531 milliards en 2027 et 2 819 milliards en 2028. Ces montants sont des estimations calculées à partir des ratios d'endettement et des projections de PIB nominal. Ils ne correspondent donc pas à des encours directement présentés dans le tableau de l'INEGE.
Le changement de trajectoire apparaît surtout à partir de 2027. Après un recul de 1,3 point de PIB en 2026, le ratio d'endettement gagnerait 2,3 points en 2027, puis 1,6 point supplémentaire en 2028. Sur l'ensemble de la période 2026-2028, il progresserait ainsi de 3,9 points de PIB.
Cette remontée resterait toutefois, selon les projections, contenue sous les principaux seuils de référence applicables à la Guinée équatoriale. À 34,9 % du PIB en 2028, la dette demeurerait largement inférieure au plafond communautaire de 70 % du PIB fixé par la CEMAC et au seuil de 50 % retenu dans le cadre du programme avec le FMI. En 2025, avec un ratio de 32,3 % du PIB, le niveau d'endettement était encore considéré comme soutenable.
Cette évolution tranche avec la situation observée en 2025. Selon les données provisoires reprises dans les perspectives budgétaires, l'encours de la dette publique s'établissait alors à 2 413,1 milliards de FCFA, en baisse nominale de 6,7 % sur un an. Rapporté au PIB, il représentait toutefois 32,3 % du PIB, contre 32,2 % en 2024.
Cette baisse nominale provenait principalement du recul de la dette extérieure, tandis que la dette intérieure évoluait différemment. Son encours s'est établi à 1 937,1 milliards de FCFA en 2025, soit 80,3 % de la dette totale et 26 % du PIB, contre 24,5 % en 2024. En valeur nominale, elle s'est néanmoins contractée de 1,4 % sur un an.
À l'extérieur, l'encours de la dette s'élevait à 476 milliards de FCFA en 2025, représentant 19,7 % de la dette totale et 6,4 % du PIB, contre 7,7 % un an plus tôt. Le recul de cette composante explique ainsi l'essentiel de la baisse de l'endettement global en valeur sur l'exercice.
La remontée projetée à partir de 2027 s'inscrit, elle, dans un contexte de dégradation progressive des comptes publics, alors que la Guinée équatoriale doit composer avec le recul structurel de ses recettes liées aux hydrocarbures. Le solde budgétaire global, qui serait à l'équilibre en 2026, deviendrait déficitaire à hauteur de 1,6 % du PIB en 2027, puis de 3,5 % en 2028.
Cette détérioration des équilibres budgétaires devrait accroître les besoins de financement de l'État et, par conséquent, contribuer à la remontée de l'endettement. Les recettes publiques, après avoir représenté 16,6 % du PIB en 2026, progresseraient légèrement à 17,1 % en 2027 avant de retomber à 14,6 % en 2028. Dans le même temps, les dépenses publiques passeraient de 16,6 % du PIB en 2026 à 18,7 % en 2027, puis à 18,1 % en 2028.
L'écart entre recettes et dépenses serait donc particulièrement marqué à partir de 2027, au moment même où le ratio d'endettement commencerait à remonter.
Perton Biyiha
Publié le 10/08/26 17:15
La Rédaction
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CEMAC