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Guinée équatoriale : Face au FMI, Malabo étale son plan pour assainir ses finances et solder ses arriérés

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À Malabo, la visite du Fonds monétaire international remet les comptes publics au centre de l'agenda économique. Une mission du FMI séjourne en Guinée équatoriale du 1er au 4 septembre 2026 dans le cadre du Programme supervisé par le personnel, dispositif sans financement destiné à suivre les réformes engagées par les autorités. Le 2 septembre, le Trésor a passé en revue avec les experts du Fonds plusieurs dossiers sensibles : financement du budget 2025-2026, règlement des arriérés intérieurs, gestion du patrimoine de l'État et fonctionnement du système SIGADE de suivi de la dette publique. 

Le chantier est déjà engagé. Selon le FMI, la Guinée équatoriale avait ramené sa dette publique de 39,1 % du PIB en 2023 à 36,4 % en 2024, après un important ajustement budgétaire. Mais cette amélioration risque d'être temporaire : avec la baisse des hydrocarbures, le Fonds estimait en février que la dette avait probablement rebondi à 39,2 % du PIB fin 2025. Malabo s'est fixé comme ancrage de maintenir son endettement sous 50 % du PIB, ce qui nécessitera de poursuivre l'ajustement budgétaire pendant plusieurs années. Le FMI relève néanmoins que les autorités ont respecté l'ensemble des objectifs quantitatifs examinés à mi-2025 et adopté un budget 2026 compatible avec les objectifs du programme. 

Mais le dossier le plus lourd se trouve dans les factures laissées en attente par l'État. La Guinée équatoriale a engagé une stratégie d'apurement des arriérés intérieurs étalée sur dix ans, principalement liés aux engagements publics accumulés notamment envers les entreprises. Les documents du FMI prévoyaient déjà 26 milliards FCFA de remboursements cumulés à fin juin 2025 et 52 milliards à fin décembre 2025. Le programme impose parallèlement de ne plus accumuler de nouveaux arriérés intérieurs. Cette opération ne consiste donc pas seulement à solder de vieilles créances : elle vise également à restaurer les bilans des entreprises créancières et, indirectement, ceux des banques qui ont financé une partie de ces prestataires. 

Cette dernière dimension explique pourquoi le FMI suit le dossier de près. Dans son évaluation de 2025, le Fonds avait fait de l'approbation par la Commission bancaire de l'Afrique centrale du plan d'apurement des arriérés une étape destinée à renforcer la solidité financière. En février 2026, il indiquait encore que les autorités travaillaient à obtenir cette validation réglementaire régionale. Malabo affirme désormais disposer d'un SIGADE pleinement opérationnel pour suivre et analyser la dette, tandis que la nouvelle législation sur le patrimoine de l'État doit progressivement améliorer le contrôle des actifs publics. Autrement dit, le gouvernement cherche simultanément à payer le passé et à construire les outils susceptibles d'empêcher une nouvelle accumulation de passifs mal maîtrisés.

La mission de septembre constitue enfin une étape importante dans une relation que Malabo cherche à faire évoluer. Le programme supervisé par le personnel ne donne actuellement accès à aucun financement du FMI ; il sert notamment à établir un historique de réformes suffisamment crédible pour ouvrir éventuellement la voie à un programme financé. Le Fonds jugeait en février que des progrès avaient été réalisés, mais conditionnait encore cette trajectoire à la poursuite des réformes de gouvernance, notamment en matière de transparence dans les hydrocarbures. L'équation de Malabo est donc à la fois de convaincre le FMI que les comptes publics deviennent plus solides, tout en trouvant suffisamment de ressources pour rembourser progressivement les dettes accumulées lorsque les recettes pétrolières étaient plus abondantes.

Publié le 03/09/26 12:26

La Rédaction

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