La Guinée équatoriale pose les jalons d'une reconversion économique attendue depuis des années. Lors d'une réunion tenue vendredi au Palais de l'État à Malabo, le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a reçu les résultats de l'étude halieutique commandée à China Road and Bridge Corporation, firme chinoise déjà présente dans plusieurs chantiers structurants du pays. Les données présentées confirment que la zone économique exclusive équato-guinéenne recèle une grande diversité d'espèces marines à haute valeur commerciale, explorées sur quatre sites distincts : Malabo, Bata, Annobón et la haute mer. Une richesse bleue jusqu'ici largement ignorée au profit de la rente pétrolière.
2 000 emplois en vue
Le contexte n'est pas anodin. Depuis plusieurs années, la Guinée Équatoriale voit sa production d'hydrocarbures décliner inexorablement, sans avoir encore trouvé de relais de croissance à la hauteur. La pêche industrielle se présente désormais comme une piste sérieuse. Le gouvernement entend créer une entreprise mixte avec China Road pour exploiter ce potentiel à grande échelle, avec à la clef l'acquisition de navires de pêche, la construction d'un complexe halieutique et d'un chantier naval de réparation. L'objectif affiché est de générer des devises à l'export et réduire la facture d'importation de poisson, qui pèse aujourd'hui sur la balance commerciale du pays.
Sur le plan de l'emploi, les autorités avancent le chiffre de 2 000 postes à créer dans le cadre de ce projet. Un volume significatif pour une économie équato-guinéenne dont le marché du travail privé reste étroit. Le vice-président a par ailleurs indiqué que la commercialisation visera des marchés à fort pouvoir d'achat, notamment la Chine, le Japon et l'Europe, des destinations qui valorisent les espèces de qualité à des prix bien supérieurs aux marchés régionaux. La logique d'intégration dans les chaînes de valeur mondiales est assumée.
Le projet s'inscrit également dans un partenariat sino-équato-guinéen qui prend de l'ampleur. Lors de la même réunion, China Road a également présenté le design d'un navire de transport de passagers de 800 personnes destiné à desservir Malabo, Bata, Corisco et Annobón, ainsi que des plans pour une usine de préfabriqués et un parc touristique dans la future capitale, La Paix. L'ensemble dessine une coopération multisectorielle qui va bien au-delà de la simple pêche, et dans laquelle Pékin se positionne comme partenaire de référence de la diversification économique équato-guinéenne.
Le vice-président a chargé le Premier ministre de finaliser les négociations avec China Road sur les quatre projets identifiés, avec pour objectif de formaliser un accord de collaboration dans les meilleurs délais. La qualité des termes de la future joint-venture, répartition du capital, mécanismes de transfert de compétences, clauses de contenu local, dira si Malabo entend être acteur ou hôte de son propre secteur maritime.
Idrissa Diakité
Publié le 13/06/26 11:17
La Rédaction
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