La Société d'Électricité de Guinée Équatoriale (SEGESA) pourrait bientôt franchir un cap stratégique. Lors d'une session de travail tenue vendredi au Palais du Peuple à Malabo, le Vice-Président de la République, Nguema Obiang Mangue, a recommandé à la direction de l'entreprise paraétatique de créer une structure fonctionnelle dédiée à la gestion et à la commercialisation de son réseau national de fibre optique, long de 2 000 kilomètres. La réunion s'est tenue en présence du Premier Ministre, de plusieurs membres de l'Exécutif.
Ce réseau, déployé à l'origine pour assurer la supervision et le contrôle du système électrique national, constitue une infrastructure backbone dont la valeur marchande dépasse largement son usage interne actuel. Le Vice-Président a souligné la viabilité du projet, s'appuyant sur les conclusions d'une étude réalisée par le groupe Huawei, tout en insistant sur la nécessité d'orienter cet actif vers la création de valeur ajoutée pour l'entreprise. Dans ce cadre, il a préconisé que la future entité soit dotée d'un personnel qualifié et opère en collaboration avec un partenaire technique de référence, citant explicitement Huawei parmi les options envisagées.
Les ambitions affichées pour cette filiale vont au-delà de la simple location de capacités. SEGESA entend moderniser l'ensemble du système électrique national grâce à l'intelligence opérationnelle et à la fibre optique, avec des retombées attendues sur la facturation, le contrôle du réseau, l'efficacité de service et l'optimisation financière. La commercialisation du réseau auprès d'opérateurs télécoms tiers ouvrirait par ailleurs la voie à un élargissement de la couverture haut débit sur l'ensemble du territoire, incluant la technologie 5G, un levier de compétitivité pour les acteurs du secteur des communications électroniques en Guinée Équatoriale.
La démarche de Malabo n'est pas isolée dans la sous-région. Au Cameroun, CAMTEL a progressivement transformé son infrastructure de transport en offre commerciale ouverte aux opérateurs mobiles. Au Gabon, Gabon Télécom a suivi une trajectoire similaire en valorisant ses actifs de réseau filaire. En annonçant à demi-mot la naissance d'une nouvelle entité publique dans le numérique, la Guinée équatoriale emboîte le pas régional, avec la particularité de partir d'un opérateur électrique. Un modèle de convergence infrastructure qui, s'il se concrétise, redistribuerait les cartes du marché télécoms équato-guinéen.
Publié le 15/06/26 13:58
La Rédaction
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CEMAC