En janvier 2026, la Guinée Équatoriale affiche un taux d'inflation nationale de 2,4%, selon les données publiées par l'Institut National de Statistique (INEGE). Un chiffre qui reste en dessous du seuil de 3% fixé par la CEMAC dans le cadre de son mécanisme de surveillance multilatérale. Mais derrière cette moyenne nationale, le pays cache une réalité bien plus contrastée, qui révèle deux économies urbaines évoluant à des rythmes radicalement différents.
Malabo, la capitale politique, s'impose comme le principal foyer de tensions inflationnistes du pays avec un taux de 3,8%, le plus élevé parmi les cinq villes suivies par l'INEGE. L'analyse par poste de dépenses est d'ailleurs éclairante : le Transport y a bondi de 13,4%, tiré notamment par le transport aérien (+10,7%) et maritime (+11,3%), tandis que le secteur spectacle et culture enregistre une progression spectaculaire de 18%. Ces dynamiques témoignent d'une économie de services et de mobilité sous forte pression, caractéristique d'une capitale à forte concentration d'activités tertiaires et de population expatriée.
À l'opposé, Bata, qui pèse 39% dans le calcul de l'Indice des prix à la consommation, affiche une inflation contenue à 0,9%, avec même une variation mensuelle négative de -0,4% entre décembre 2025 et janvier 2026. Ce repli s'explique principalement par la baisse des prix des produits alimentaires (-0,5% en variation mensuelle), reflet d'une économie plus tournée vers les échanges locaux et moins exposée aux chocs de prix sur les services. Mécaniquement, c'est ce poids de Bata dans l'indice qui tire la moyenne nationale vers le bas.
Cet écart de près de 3 points entre les deux principales villes du pays soulève une question structurelle pour les décideurs économiques à savoir : comment piloter une politique de stabilisation des prix alors que les dynamiques inflationnistes sont aussi hétérogènes selon les territoires ? Dans un espace CEMAC soumis à une contrainte de politique monétaire commune, la divergence Malabo-Bata illustre les limites d'un indicateur national unique pour rendre compte de la réalité du coût de la vie des ménages équato-guinéens.
Idrissa Diakité
Publié le 24/02/26 15:35
La Rédaction
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CEMAC