La Guinée équatoriale affine les derniers détails de son futur cadre juridique dédié aux zones économiques spéciales, un dispositif présenté comme central dans la redéfinition de son modèle de croissance. Selon les éléments exposés devant la commission parlementaire de l'économie, des finances et du commerce, le texte est désormais entré dans sa phase d'examen article par article, après validation de ses principes généraux. Porté par le vice-Premier ministre chargé du Commerce, Gaudencio Mohaba Messu, le projet a été soumis aux députés avec l'ambition de doter le pays d'un instrument capable d'attirer des investissements internationaux tout en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures, qui dominent encore largement l'économie nationale.
D'après les explications fournies aux parlementaires, le futur dispositif encadrera à la fois la création, l'organisation et l'administration de ces zones à régime spécial. Il introduira également un ensemble d'incitations économiques et fiscales destinées à renforcer l'attractivité du territoire pour les entreprises étrangères. Le gouvernement met en avant plusieurs atouts structurels pour soutenir cette stratégie. La position géographique du pays dans le golfe de Guinée, ses infrastructures portuaires et aéroportuaires ainsi que la stabilité politique sont présentées comme des leviers susceptibles de transformer la Guinée équatoriale en plateforme régionale d'affaires.
Les autorités insistent également sur l'articulation du projet avec les dynamiques d'intégration régionale et continentale. Les zones économiques spéciales pourraient servir de point d'entrée vers les marchés de la CEMAC et de la Zone de libre-échange continentale africaine, offrant aux investisseurs un accès élargi à plusieurs centaines de millions de consommateurs. Le texte prévoit une structuration en plusieurs catégories de zones, allant des zones franches aux pôles agro-industriels, logistiques ou énergétiques. Cette diversification vise à encourager le développement simultané de plusieurs segments productifs, avec un accent particulier sur la transformation locale et la montée en gamme industrielle.
Les retombées attendues incluent une augmentation des investissements directs étrangers, mais aussi des effets sur le marché du travail. Les autorités évoquent un recours accru à la main-d'œuvre nationale, accompagné de programmes de formation et d'exigences en matière de transfert de compétences de la part des entreprises installées dans ces zones.
L'État prévoit de consentir à des allègements fiscaux temporaires, dans l'espoir de générer à terme des gains durables en matière d'emplois, d'infrastructures et de diversification économique. En parallèle, certaines activités resteront en dehors du périmètre de la loi. Les secteurs liés à la défense, à la sécurité nationale ainsi que l'exploitation des ressources naturelles stratégiques, notamment le pétrole et le gaz, continueront de relever de cadres spécifiques.
Le texte introduit enfin des garanties institutionnelles. Une Autorité nationale des zones économiques spéciales devrait être créée pour superviser l'ensemble du dispositif, avec des obligations de transparence incluant des audits indépendants et la publication régulière de rapports. Les terres situées dans ces zones resteront propriété de l'État, seuls des droits d'usage étant accordés aux opérateurs.
Perton Biyiha
Publié le 25/03/26 09:24
La Rédaction
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CEMAC