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L'Afrique vise la Lune en 2029 : Quels enjeux économiques pour le continent ?

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L'Afrique posera sa première charge utile scientifique sur le sol lunaire en 2029. La mission panafricaine Africa2Moon a été sélectionnée par l'agence spatiale chinoise pour embarquer à bord de la sonde Chang'e 8, qui doit se poser au pôle Sud de la Lune.

Le dispositif, composé de 3 radiotélescopes sphériques nommés BALLS, captera des fréquences radio inférieures à 20 MHz, indétectables depuis la Terre en raison de l'ionosphère. Pilotée par la Foundation for Space Development Africa et l'Observatoire sud-africain de radioastronomie (SARAO), l'initiative ambitionne à terme de déployer 55 antennes sur la face cachée de la Lune, soit une pour chaque nation du continent.

Dans ce projet, l'Afrique s'appuie sur une synergie entre plusieurs institutions africaines. Outre l'Afrique du Sud, qui fournit l'essentiel du pilotage via son agence spatiale nationale et les universités de Stellenbosch et du KwaZulu-Natal, des équipes scientifiques du Kenya, du Ghana et du Botswana participent aux développements techniques. Les maquettes fonctionnelles du matériel devraient être livrées à la Chine mi-2026 pour des tests, avant l'envoi du prototype de vol final fin 2027.

En rejoignant la mission Chang'e 8 aux côtés d'autres partenaires internationaux comme le Pakistan, l'Italie et la Thaïlande, l'Afrique s'insère dans l'écosystème de la future Station internationale de recherche lunaire (ILRS) menée par Pékin. Ce positionnement au pôle Sud lunaire, zone riche en glace d'eau, doit permettre aux entreprises et chercheurs du continent d'accéder à des transferts de technologies dans la robotique, les télécommunications et les matériaux avancés. Ces innovations visent des applications directes sur le marché africain, notamment dans la gestion satellitaire des ressources et le suivi climatique.

Développée avec des moyens financiers contraints et reposant en partie sur du bénévolat d'experts, la mission sert de démonstrateur pour le modèle industriel du ‘'New Space'' à bas coût.

Enfin, les porteurs du projet comptent sur cette vitrine technologique pour attirer des capitaux privés, encourager la création de start-up spécialisées et développer les formations en ingénierie sur le continent. L'objectif consiste à renforcer les compétences locales afin de réduire la fuite des cerveaux et de capter une part de la valeur ajoutée de l'industrie spatiale mondiale.

Anselme Akéko

Publié le 30/07/26 15:11

La Rédaction

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