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La CEMAC parie sur la blockchain, le mobile money et le sukuk pour capter l’épargne mobile et financer ses infrastructures

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La deuxième édition du Colloque Financier International (COLFINI 2), qui s'est tenue les 23 et 24 avril 2026 à l'hôtel Hilton de Yaoundé, sous le haut parrainage du ministère des Finances, a posé un diagnostic lucide, ancré dans la réalité du marché régional. Celui-ci ne représente encore que 2 % du PIB de la CEMAC, alors même qu'un gisement de liquidités considérable, susceptible de compenser ses faiblesses structurelles, demeure largement inexploité. Parmi ces ressources figure en première ligne l'épargne locale, jugée abondante mais insuffisamment mobilisée. Les échanges ont ainsi porté sur les moyens de la réorienter vers des projets de long terme.

Selon les organisateurs, " le colloque a identifié un gisement de liquidités colossal mais “dormant”, notamment dans le secteur informel et le mobile money, dont les encours sont estimés à près de 500 milliards de FCFA ". L'enjeu central, acté lors des assises, consiste à " décannibaliser " ces ressources, aujourd'hui captées par des usages de court terme, afin de les orienter vers le financement durable des infrastructures, notamment les routes, les barrages et les projets énergétiques.

Dans cette perspective, les discussions ont mis en avant des instruments capables de relier plus directement l'épargne aux besoins de financement. Le recours à la tokenisation et à la blockchain est ainsi présenté comme un levier d'élargissement de la base d'investisseurs. " Grâce à la blockchain et à la tokenisation, le marché s'ouvre au “mass market”. Le mobile money devient le bras armé de cette inclusion, permettant à chaque citoyen de devenir acteur du développement de son territoire ", souligne le communiqué final.

Parallèlement, les intervenants ont insisté sur la nécessité de structurer des produits adaptés aux spécificités régionales. La montée en puissance des financements participatifs, en particulier les sukuk, est apparue comme une alternative aux schémas d'endettement classiques. Le communiqué précise que " ce modèle distributif permet un partage juste des risques et des rendements entre l'État et l'investisseur, brisant ainsi le plafond de verre de la dette classique ".

Dans le même esprit, une autre piste explorée concerne le développement de financements adossés aux projets eux-mêmes, via des véhicules dédiés. Le texte de synthèse évoque " la transition vers la “dette-projet” ", qui passe par " la généralisation des véhicules spéciaux (SPV) et des project bonds ". L'objectif affiché est clair : " chaque franc emprunté doit désormais être adossé à un actif tangible et traçable ", garantissant aux investisseurs une transparence accrue sur l'allocation des fonds. Une approche destinée à réduire la perception du risque sur les marchés de la CEMAC.

Au-delà des instruments financiers, les échanges ont également mis en lumière la nécessité de structurer un écosystème local capable de concevoir et de piloter ces montages. Le rapport de synthèse, cité dans le communiqué, insiste sur le fait que " la souveraineté économique de la CEMAC dépendra de sa capacité à structurer, noter et piloter ses propres instruments financiers via des acteurs locaux certifiés ". Une condition jugée essentielle pour réduire la dépendance aux expertises extérieures et accélérer la mise en œuvre des projets.

Pour mémoire, le COLFINI 2, organisé autour du thème " Marché financier régional et ingénierie des financements structurés pour les projets d'infrastructures dans la CEMAC ", a été initié par Contacturer Capital SA, Horus Investment Capital et Akoa Mballa & Co, respectivement société de bourse et cabinet de conseil juridique.

 Perton Biyiha

Publié le 29/04/26 16:54

La Rédaction

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