C'est une annonce qui rebat les cartes de la gouvernance commerciale internationale. En effet, la Chine a déclaré ce 24 septembre, en marge de l'assemblée générale des Nations unies, qu'elle ne revendiquera plus les avantages liés au statut de pays en développement au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Une décision saluée comme ‘'historique'' par la directrice générale de l'institution, la Nigérianne Ngozi Okonjo-Iweala, et qui répond à une vieille revendication des Etats-Unis, ainsi que de l'Union européenne.
Depuis son entrée à l'OMC en 2001, Pékin bénéficiait du Traitement spécial et différencié (TSD), un dispositif offrant aux pays en développement davantage de flexibilité, à savoir délais plus longs pour appliquer les accords, exemptions partielles, possibilité de maintenir certaines subventions. Mais cette situation apparaissait de plus en plus décalée. Deuxième économie mondiale, puissance industrielle et premier exportateur de la planète, la Chine continuait d'être classée aux côtés de pays fragiles, souvent africains ou latino-américains.
Les États-Unis, notamment sous l'administration Trump, avaient multiplié les pressions pour que Pékin abandonne ce statut, estimant qu'il constituait un avantage ‘'injuste''. L'Union européenne partageait cette critique, accusant la Chine de profiter de règles conçues pour des économies beaucoup plus vulnérables.
En renonçant à ce privilège, la Chine envoie un signal fort. Elle se positionne désormais comme acteur majeur assumant ses responsabilités dans le commerce mondial. Autrement dit, Pékin ne sort pas les mains vides. Elle conserve les bénéfices acquis dans les accords existants, tout en renforçant son image internationale de puissance confiante, prête à rivaliser ‘'à armes égales'' avec les économies avancées.
Plus qu'un simple ajustement technique, ce choix reflète une mutation stratégique : Pékin assume pleinement son rang de puissance mondiale. Elle redessine la dynamique Nord-Sud au sein du commerce international, et cherche à capitaliser diplomatiquement sur ce geste, tout en préservant ses intérêts commerciaux.
Publié le 25/09/25 11:41
Narcisse Angan
SN
CEMAC