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La Guinée équatoriale courtise les majors pétrolières à coups d’avantages fiscaux

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La Commission des mines, de l'énergie, de l'industrie et du tourisme de la Chambre des députés a entamé, mercredi 2 septembre 2026, l'examen du projet de loi préparé par le gouvernement équato-guinéen pour réformer la législation sur les hydrocarbures. Le texte vise à attirer davantage de compagnies pétrolières internationales et à relancer les investissements dans l'exploration et le développement des gisements, alors que la production nationale recule année après année.

Dans l'exposé des motifs, le gouvernement rappelle que " les hydrocarbures ont porté l'économie du pays depuis ses débuts ", mais que la baisse des prix, la hausse des coûts d'exploitation et le désinvestissement mondial dans les combustibles fossiles ont ralenti le rythme des investissements. Dans ce contexte, Malabo entend notamment miser sur le gaz naturel, présenté comme une énergie de transition, dont l'exploitation bénéficie désormais de nouvelles technologies permettant de valoriser des gisements matures, d'intervenir dans des eaux plus profondes et d'exploiter des ressources non conventionnelles.

Fiscalité allégée et garanties pour les investisseurs

Pour capter les investissements nécessaires au renouvellement de ses réserves et à la relance de la production, le projet de loi prévoit un assouplissement des conditions d'accès à l'industrie pétrolière ainsi qu'une simplification des procédures d'exploration et de développement. Cette réforme réglementaire s'accompagne d'une révision de la loi fiscale, avec une baisse des taux d'imposition applicables au secteur, destinée à alléger la pression fiscale pesant sur les opérateurs.

Le gouvernement prévoit également des dispositions techniques visant à garantir à chaque investisseur " la pleine assurance que son investissement sera recouvré ", ainsi qu'un rendement considéré comme équitable.

D'autres dispositions concernent le secteur pétrochimique et la commercialisation des produits pétroliers, auxquels un traitement spécifique doit être accordé. Le projet prévoit également la création d'un fonds destiné à la surveillance environnementale. Des incitations sont par ailleurs envisagées pour les entreprises qui respectent leurs obligations contractuelles et contribuent au développement des communautés locales.

Malgré ces ouvertures aux investisseurs privés et étrangers, le texte réaffirme le principe de souveraineté de l'État sur les ressources du sous-sol. L'ensemble des gisements situés sur le territoire national, aussi bien à terre qu'en mer, demeure ainsi la propriété de l'État, qui conserve les droits d'exploitation et peut les exercer directement ou en partenariat avec des investisseurs étrangers.

Une production en déclin structurel

Cette volonté de rendre le secteur plus attractif intervient alors que la Guinée équatoriale fait face à un recul structurel de sa production d'hydrocarbures. Selon les Perspectives économiques et budgétaires 2026-2028 du pays, la part du secteur non pétrolier dans le PIB passerait de 63,6 % en 2026 à 66,4 % en 2027, avant de se stabiliser en 2028. Cette évolution traduit toutefois moins un véritable essor de l'économie non pétrolière que le poids croissant du recul du secteur extractif dans l'activité nationale.

Le rapport prévoit en effet une contraction moyenne de 4,7 % par an de la valeur ajoutée pétrolière entre 2026 et 2028. Celle-ci reculerait de 8,7 % en 2026, puis de 8,5 % en 2027, avant de rebondir de 3,1 % en 2028 grâce notamment à la mise en production du champ d'Aseng.

Sur la même période, la production totale d'hydrocarbures passerait de 187 176 barils par jour en 2025 à 158 812 barils par jour en 2028, soit une baisse cumulée de 15,1 %. Le brut reculerait de 2,8 %, faute de nouveaux forages sur les gisements vieillissants de Zafiro. Le condensat diminuerait de 2,2 %, sous l'effet de l'épuisement progressif des blocs Alba et Alen. Le gaz naturel liquéfié (GNL) enregistrerait pour sa part une baisse de 5,6 %, passant de 96 246 à 90 718 barils équivalent pétrole par jour. Les autres produits gaziers — propane, butane et GPL mixte — reculeraient de 10,8 %.

Mercredi, la commission parlementaire a validé l'exposé des motifs ainsi que les dispositions générales, les définitions et les articles relatifs aux pouvoirs du ministère chargé des hydrocarbures, à la supervision des activités pétrolières et aux règles d'attribution des marchés du secteur. L'examen du projet de loi se poursuivra dans les prochaines semaines devant la Chambre des députés.

Claude Paul Tjeg

Publié le 03/09/26 15:13

La Rédaction

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