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La Guinée équatoriale veut réduire le coût des cotisations sociales pour encourager les embauches

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Le gouvernement équato-guinéen a présenté, le 1er septembre 2026, lors d'une réunion présidée par le Premier ministre Manuel Osa Nsue, une réforme destinée à alléger le poids des cotisations patronales sur les nouvelles embauches. Le communiqué publié à l'issue de la rencontre évoque la volonté de " réduire le régime de cotisations patronales pour les employés nouvellement embauchés ". Le taux actuel de 22,5 % appliqué aux cotisations sociales patronales passerait ainsi à 16 % pour les nouveaux salariés, soit une baisse de 6,5 points, représentant une diminution de 28,9 % de la charge supportée par les entreprises.

Concrètement, pour un salarié rémunéré 500 000 FCFA par mois, l'employeur verse actuellement 112 500 FCFA de cotisations sociales, portant le coût total de l'embauche à 612 500 FCFA. Avec la réforme, cette cotisation tomberait à 80 000 FCFA, ramenant le coût mensuel du salarié à 580 000 FCFA. L'entreprise économiserait ainsi 32 500 FCFA par mois, soit environ 390 000 FCFA sur une année pleine. Le salaire net perçu par le travailleur ne serait pas affecté, la baisse portant uniquement sur la part patronale, selon les guides de paie recensés par Papaya Global, qui distinguent une contribution employeur de 22,5 % et une contribution salariale de 5 %.

Un marché du travail marqué par l'informalité

Cette baisse ciblée des cotisations intervient alors que la Guinée équatoriale peine à transformer sa richesse pétrolière en emplois suffisamment nombreux et formels. L'économie demeure largement dépendante des hydrocarbures, un secteur qui génère d'importants revenus, mais relativement peu d'emplois. La Banque mondiale évalue le taux de chômage à 13,7 % et estime que seulement 17 % des emplois du pays sont formels, le secteur privé n'en représentant qu'un tiers environ. La Banque africaine de développement (BAD) situe, pour sa part, le chômage des jeunes à 23,5 %, un taux qui atteint 26,7 % chez les jeunes femmes. Elle estime également que 16,5 % des jeunes ne sont ni en emploi, ni en formation, ni scolarisés.

Le poids économique des hydrocarbures contraste fortement avec leur faible capacité à absorber la main-d'œuvre. Selon la BAD, le secteur pétrolier et gazier ne représentait que 1,9 % des entreprises du pays entre 2017 et 2021, tout en contribuant en moyenne à 34,5 % du produit intérieur brut. Cette concentration de l'activité autour d'un secteur peu intensif en emplois pousse les autorités à favoriser le développement de filières davantage créatrices d'emplois, notamment l'agriculture, la pêche, le tourisme et le numérique.

Cette orientation est déjà soutenue par plusieurs initiatives. En septembre 2025, la BAD a notamment approuvé un projet de 73,27 millions d'euros destiné à accompagner la diversification de l'économie, avec la création annoncée de 4 500 emplois et de 500 entreprises. Le programme prévoit également l'insertion d'environ 1 935 jeunes et femmes ainsi que la construction de deux instituts polytechniques.

La réforme des cotisations intervient par ailleurs dans un environnement économique difficile. La BAD estime que l'économie équato-guinéenne s'est contractée de 6 % en 2025, sous l'effet notamment d'une baisse de 16,8 % de la production pétrolière. Dans le même temps, le secteur non pétrolier a progressé de 2,3 %. Pour 2026, l'institution anticipe une nouvelle contraction de 1,7 %.

Dans ce contexte, la réduction du taux de cotisation constitue un pari sur le volume des emplois déclarés. L'Institut de sécurité sociale (INSESO) percevrait certes moins de cotisations par nouvel employé, mais le gouvernement espère compenser cette baisse unitaire par l'augmentation du nombre de travailleurs déclarés et cotisants. L'objectif est ainsi de rendre l'emploi formel moins coûteux pour les entreprises et de favoriser leur passage de l'informel au formel.

La mesure vise également à renforcer l'attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers en réduisant le coût de la création d'emplois. Elle pourrait notamment profiter aux petites et moyennes entreprises, qui disposent de marges financières plus limitées que les grandes compagnies opérant dans les hydrocarbures.

À ce stade, toutefois, la réforme reste une proposition gouvernementale. Son entrée en vigueur définitive dépendra de l'adoption du nouveau texte juridique prévu à cet effet, précise le communiqué des autorités.

 Claude Paul Tjeg

Publié le 02/09/26 15:26

La Rédaction

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