Le Cameroun et le groupe nigérian Mainstream Energy Solutions relancent les discussions autour du projet de barrage de Dasin Hausa. Une infrastructure envisagée depuis plusieurs décennies en aval du barrage de Lagdo, dans le nord du Cameroun, et destinée à jouer un rôle à la fois énergétique et hydraulique entre les deux pays. Le dossier a été au centre d'une réunion tenue le 25 mai 2026 à Yaoundé entre le ministre camerounais de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et une délégation de l'entreprise nigériane conduite par son directeur général, Lamu Audu.
Selon les informations communiquées par le ministère camerounais de l'Eau et de l'Énergie, les discussions ont porté sur les études techniques, environnementales et sociales à mener avant toute avancée du projet, ainsi que sur ses conséquences potentielles pour les populations et les activités économiques situées autour du bassin de la Bénoué.
Le ministère précise que la délégation nigériane était composée " d'ingénieurs, de responsables de projets, de consultants et de représentants d'organisations partenaires ". Ceux-ci ont présenté " les principaux objectifs du projet, notamment la production hydroélectrique, la maîtrise des inondations, l'irrigation agricole et le développement socio-économique des zones concernées ". À cette occasion, le ministre camerounais a demandé " d'impliquer l'ensemble des administrations partenaires concernées afin de garantir une approche concertée et multisectorielle intégrant les questions liées à l'eau, à l'énergie, à l'environnement, à l'aménagement du territoire ainsi qu'à la protection des populations riveraines ". Dans le prolongement de ces échanges, le ministère camerounais a également indiqué qu'une visite du site est attendue dans les prochains jours afin de poursuivre les concertations techniques.
Les données techniques disponibles présentent en effet des évaluations différentes de la puissance attendue de l'ouvrage. Certaines discussions récentes évoquent plus de 300 MW pour l'ensemble du complexe multifonctionnel. Des données recensées par Global Energy Monitor attribuent toutefois une capacité plus précise d'environ 138 MW à la centrale hydroélectrique elle-même. Cette différence semble s'expliquer par le fait que certaines sources prennent en compte l'ensemble des composantes du projet, tandis que d'autres se limitent uniquement à l'installation de production électrique.
Le barrage de Dasin Hausa n'est toutefois pas un projet nouveau. Selon des informations publiées par l'Infrastructure Concession Regulatory Commission (ICRC) du Nigeria, il a été imaginé dans les années 1980 dans le cadre des accords de coopération entre le Cameroun et le Nigeria, avec pour objectif de compléter les fonctions du barrage camerounais de Lagdo.
Le projet avait notamment été conçu comme une réponse aux épisodes récurrents d'inondations observés dans certaines régions du Nigeria à la suite des lâchers d'eau effectués depuis le barrage de Lagdo. Les documents de l'ICRC indiquent que cette infrastructure devait contribuer à réduire ces risques, tout en apportant des capacités de production électrique supplémentaires et des surfaces agricoles irriguées.
Les chiffres cités dans les échanges récents évoquent près de 150 000 hectares de terres agricoles susceptibles d'être irriguées, ainsi qu'une protection attendue pour les États nigérians d'Adamawa, de Taraba et de Benue contre les risques d'inondation.
Partenaire des discussions actuelles, Mainstream Energy Solutions figure parmi les principaux producteurs privés d'électricité au Nigeria. Créée en 2011, l'entreprise exploite plusieurs infrastructures hydroélectriques du pays, notamment Kainji, Jebba, Zungeru et Kashimbila. La société affirme disposer d'une capacité installée cumulée d'environ 2 078 MW et produire plus du quart de l'électricité du Nigeria.
Perton Biyiha
Publié le 26/05/26 09:34
La Rédaction
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CEMAC