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Le Cameroun identifie neuf filières prioritaires pour exporter vers la Chine sans droits de douane

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L'accès sans droits de douane au marché chinois, fort de 1,4 milliard de consommateurs, ouvre de nouvelles perspectives aux exportateurs camerounais. Les autorités du Cameroun ont déjà identifié neuf filières prioritaires appelées à tirer profit de cette mesure, entrée en vigueur le 1er mai 2026. La question était au centre d'une audience accordée le 16 juin 2026 par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, à l'ambassadeur de Chine au Cameroun, Xu Yong.

Cette initiative de Pékin prévoit l'admission sur le marché chinois, sans paiement de droits de douane, de l'ensemble des produits originaires des pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine. Au-delà de la suppression des barrières tarifaires, les autorités chinoises ont également mis en place plusieurs mécanismes destinés à faciliter l'accès des marchandises africaines à leur marché.

Dans ce contexte, le Cameroun a retenu, à ce stade, neuf catégories de produits considérées comme les plus susceptibles de bénéficier rapidement de cette ouverture commerciale. " Les premières filières cibles, en attendant que les autorités compétentes complètent le plus rapidement possible cette liste, sont le cacao, le café, le bois transformé, le coton, les fruits, les épices (piment séché et poivre), les huiles végétales, les cornes de bœuf séchées et les produits de l'artisanat ", indique un communiqué du ministère du Commerce.

Une opportunité confrontée aux contraintes du tissu productif

Cette annonce intervient alors que les exportations camerounaises vers la Chine demeurent fortement concentrées sur les matières premières. Le pétrole brut, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton représentent encore l'essentiel des ventes camerounaises à destination de la deuxième économie mondiale.

L'ouverture du marché chinois sans droits de douane pourrait ainsi constituer une occasion de diversifier les exportations nationales et d'accroître la part des produits transformés. Toutefois, cette perspective reste conditionnée à la capacité des entreprises camerounaises à répondre aux exigences du marché chinois.

En effet, la structure actuelle des échanges limite la création de valeur ajoutée locale et réduit les retombées industrielles des exportations. Plusieurs spécialistes du commerce international estiment que l'exonération douanière, à elle seule, ne suffira pas à provoquer une transformation significative des échanges si les producteurs nationaux ne parviennent pas à satisfaire les normes imposées par les importateurs chinois.

Les défis à relever sont bien identifiés. Le tissu économique camerounais est constitué en grande majorité de petites et moyennes entreprises, dont beaucoup disposent de moyens limités pour satisfaire aux exigences de certification, de traçabilité et de qualité requises sur le marché chinois. À ces contraintes s'ajoutent des coûts logistiques élevés, des délais de transport parfois importants et des chaînes d'approvisionnement encore insuffisamment structurées entre les deux pays.

Perton Biyiha

Publié le 18/06/26 16:47

La Rédaction

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