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Le Cameroun prépare le projet Diasdev pour financer son développement avec l’épargne de la diaspora

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Le Cameroun prépare un mécanisme d'épargne réglementée destiné à canaliser une partie des centaines de milliards de FCFA envoyés chaque année par sa diaspora vers le financement de son développement. Baptisé Diaspora et Développement (Diasdev), le projet est porté par la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC), qui a présenté, mardi 7 juillet 2026 à Yaoundé, les conclusions de l'étude de faisabilité consacrée à ce dispositif.

Le mécanisme envisagé doit permettre aux Camerounais vivant à l'étranger d'épargner en francs CFA dans un cadre réglementé. Les ressources mobilisées pourraient ensuite servir au financement des infrastructures, de l'industrie, des petites et moyennes entreprises ainsi que de l'innovation, autant de secteurs retenus parmi les priorités de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

La CDEC ne collectera toutefois pas directement l'argent des épargnants. Les contraintes liées à son modèle économique et au cadre fixé par la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) ne lui permettent pas de commercialiser elle-même le produit auprès des particuliers. La collecte auprès de la diaspora et des résidents sera donc assurée par des banques et des institutions de microfinance partenaires. La Caisse interviendra, pour sa part, dans la structuration du mécanisme et la définition de son cadre.

Le montage à l'étude reprend certains principes des produits d'épargne réglementée utilisés dans d'autres pays. En France, par exemple, le Livret A permet de centraliser une partie de l'épargne auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations et de mobiliser ces ressources notamment pour financer le logement social.

" La première étape du projet Diasdev a consisté à mettre en place un dispositif juridique destiné à encadrer les mécanismes qui seront déployés. La deuxième étape a été d'analyser les modalités opérationnelles de ce mécanisme d'épargne réglementée. Le dispositif mis en place est donc un dispositif sécurisé, qui fait intervenir un certain nombre d'acteurs crédibles disposant de mécanismes de gouvernance de nature à inspirer confiance ", a indiqué Richard Evina Obam, directeur général de la CDEC.

Sur le plan opérationnel, trois formules sont encore à l'étude. La première prendrait la forme d'une épargne bancaire de court terme. La deuxième reposerait sur un dépôt à terme d'une durée plus longue. La troisième consisterait en une épargne financière adossée à des fonds d'investissement. Les conclusions de l'étude présentées le 7 juillet doivent contribuer à déterminer le modèle à retenir. À ce stade, aucune décision définitive sur le produit qui sera commercialisé n'a encore été rendue publique.

Un programme soutenu par la France

Pour préparer ce mécanisme, Diasdev bénéficie de l'accompagnement de l'Agence française de développement (AFD) et d'Expertise France, avec l'appui du Forum des caisses de dépôt. Le Cameroun fait partie des six pays concernés par ce programme, financé par une subvention de 5 millions d'euros. L'appui porte notamment sur la mise en place des conditions nécessaires à la création de produits d'épargne destinés aux diasporas et sur la définition des règles de gestion des ressources collectées.

" Ce programme travaille avec les caisses des dépôts et consignations ou homologues de six pays à définir ce produit. L'objectif, c'est d'avoir une bonne gouvernance, un cadre solide qui fasse que la diaspora soit incitée et convaincue du fait que son argent sera bien placé, bien investi, bien géré pour le développement du Cameroun ", explique Virginie Dago, directrice générale de l'AFD Cameroun.

L'enjeu est d'autant plus important que le potentiel financier des transferts de la diaspora est estimé à 1,2 milliard de dollars pour la seule année 2024, soit environ 652 milliards de FCFA. D'après les données du ministère camerounais des Relations extérieures, environ 500 000 Camerounais détenteurs d'un passeport vivent à l'étranger. En intégrant les personnes d'origine camerounaise ayant acquis une autre nationalité, la population concernée atteindrait 6 millions de personnes, soit l'équivalent de près de 20 % de la population du pays.

Ces flux financiers continuent par ailleurs de progresser. Les transferts d'argent vers le Cameroun ont augmenté de 8 % en 2024 par rapport à l'année précédente, selon le Rapport d'évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, publié par le ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire. La France représente 20 % de ces flux, les États-Unis 19 % et les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) 26 %.

Une grande partie de cet argent reste cependant orientée vers les dépenses courantes des ménages ou transite par des canaux informels. Or, le Cameroun ne dispose pas encore d'un produit d'épargne réglementée spécifiquement conçu pour canaliser une partie de ces ressources vers le financement d'investissements dans le pays. C'est précisément sur ce segment que la CDEC entend positionner Diasdev.

Perton Biyiha

Publié le 07/07/26 16:46

La Rédaction

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