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Le Cameroun s’oriente vers une hausse progressive du prix des carburants

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Le Cameroun s'apprête à engager une remontée graduelle du prix des carburants à la pompe, plutôt que de maintenir durablement les prix actuels fixés par l'État. C'est la trajectoire privilégiée par le Rapport sur l'économie camerounaise en 2025, présenté à Yaoundé le 25 août 2026, alors que les cours du pétrole pourraient rester élevés sur le marché international. Le document propose de ne répercuter sur les consommateurs que la moitié des hausses du coût des carburants importés. Cette formule permettrait de réduire progressivement la facture supportée par l'État, tout en évitant une hausse brutale à la pompe.

Le mécanisme est simple. Les prix des carburants au Cameroun sont fixés par l'État et ne suivent donc pas automatiquement les variations des cours internationaux. Lorsque le coût des produits pétroliers importés augmente, l'État prend en charge une partie de l'écart afin de maintenir les prix à la pompe. C'est cette prise en charge qui constitue la subvention aux carburants. Le rapport considère que celle-ci devient particulièrement coûteuse lorsque le prix du baril dépasse 75 dollars.

Or, les hypothèses du MINEPAT tablent sur un baril compris entre 100 et 110 dollars, soit des niveaux proches de ceux observés en 2023 et 2024. La subvention avait alors atteint 460 milliards de FCFA en 2023, soit près de 1,5 % du PIB, avant de retomber à 231 milliards en 2024, soit 0,7 % du PIB, avec le reflux des cours internationaux. Pour mesurer les conséquences des différentes options, le rapport part d'une hausse de 20 % du coût des carburants importés en 2026, suivie d'une progression de 10,8 % en 2027 et de 2,5 % en 2028.

Premier scénario : le gel des prix. Les prix à la pompe restent inchangés et l'État absorbe toute la hausse à travers la subvention. C'est l'option la plus protectrice pour les consommateurs à court terme, mais aussi la plus coûteuse pour les finances publiques. La subvention atteindrait 0,70 % du PIB en 2026, 0,52 % en 2027 et 0,38 % en 2028, soit 1,60 % du PIB cumulé sur les trois années.

Deuxième scénario : une hausse partielle. C'est l'option privilégiée par le MINEPAT. La moitié de la hausse du coût des carburants importés est répercutée progressivement sur les consommateurs, l'État continuant de prendre en charge l'autre moitié. La subvention tomberait de 0,35 % du PIB en 2026 à 0,07 % en 2027, avant de devenir quasiment nulle en 2028. Sur trois ans, elle représenterait 0,40 % du PIB.

Troisième scénario : une hausse totale. L'intégralité de la hausse est répercutée sur les prix à la pompe. L'État ne supporterait alors plus de subvention dans la simulation. Cette option est la plus favorable aux finances publiques, mais aussi celle qui transfère le plus directement le coût de la hausse des cours internationaux aux ménages et aux entreprises.

Le MINEPAT privilégie donc la deuxième option, considérée comme un compromis entre la réduction du coût de la subvention et la nécessité d'éviter un choc brutal sur les consommateurs.

Le coût du gel dépasse la subvention

Le rapport souligne que le coût du maintien des prix ne se limite pas aux sommes directement versées par l'État. Avec un gel total, les comptes publics se dégraderaient de 0,95 point de PIB sur trois ans et l'investissement total reculerait de 20,10 % sur la période 2026-2028. Avec une hausse partielle, le recul serait limité à 16,67 %, contre 15,17 % en cas de transmission totale.

Le gel protège davantage les ménages dans un premier temps. En 2026, leur consommation progresserait de 0,86 %, contre 0,59 % avec une hausse partielle et 0,32 % avec une hausse totale. Mais cet avantage ne durerait pas. En 2027, la consommation reculerait de 3,15 % avec le gel, de 3,48 % avec une hausse partielle et de 3,53 % avec une hausse totale. En 2028, les baisses atteindraient respectivement 2,05 %, 2,38 % et 2,40 %.

Sur l'ensemble de la période, la consommation reculerait ainsi de 4,34 % avec le gel, contre 5,27 % avec une transmission partielle et 5,61 % avec une transmission totale.

Le rapport examine également le rationnement et le ciblage des aides. Le rationnement permettrait de réduire la dépense publique, mais pourrait provoquer des pénuries, des files d'attente et le développement de marchés parallèles. Le ciblage consisterait à réserver les aides aux catégories les plus exposées, notamment les transports publics, les agriculteurs, les petites industries et les ménages vulnérables. Sa mise en œuvre reste toutefois compliquée par l'insuffisance des registres sociaux et des capacités administratives.

À terme, le rapport préconise aussi de remplacer une partie des subventions générales par des aides ciblées, notamment des transferts d'argent, des aides en nature ou des compensations des coûts de transport dans les zones rurales et périurbaines. Une autre piste consisterait à utiliser temporairement les recettes supplémentaires attendues d'une hausse de 15 % du prix du pétrole brut exporté en 2026 pour alimenter un mécanisme de stabilisation.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 26/08/26 17:23

La Rédaction

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