Le gouvernement camerounais a transmis au Parlement son projet de loi de finances pour l'exercice 2026, préparé conformément à la circulaire présidentielle du 18 juillet 2025. Pour le Cameroun, les autorités anticipent une croissance de 4,3% en 2026 contre 3,9% estimés en 2025. Le document précise que cette performance viendrait essentiellement du secteur non pétrolier, alors que le secteur pétrolier accuserait un léger recul de 0,1%. L'inflation suivrait une tendance inverse et reculerait à 3%, après 3,2% en 2025.
Sur le plan budgétaire, l'État projette un budget en forte hausse, porté à 8 416,4 milliards FCFA, alors qu'il s'élevait à 7 335,9 milliards l'année précédente. Cette progression représente un accroissement de 1 080,5 milliards en valeur absolue et de 14% en valeur relative. Le budget général atteindrait 8 683,9 milliards, ce qui correspond à une hausse de 1 014,9 milliards par rapport à 2025. Les Comptes d'affectation spéciale connaissent une évolution encore plus marquée, avec un montant prévisionnel de 132,5 milliards pour 2026, quasiment doublé par rapport aux 66,9 milliards inscrits dans la loi de finances précédente.
Les recettes internes sont arrêtées à 5 887 milliards FCFA, en progression de 452,2 milliards par rapport à 2025. Le gouvernement s'appuie notamment sur les recettes fiscales et douanières qui constituent l'essentiel des ressources, mais aussi sur les recettes pétrolières et gazières prévues à un peu plus de 523 milliards, les recettes non fiscales fixées à 400 milliards et les dons estimés à 73,8 milliards.
Les dépenses publiques suivent la même tendance haussière. Hors principal de la dette, elles atteindraient 6 210,5 milliards FCFA en 2026, soit une augmentation de 564,2 milliards par rapport à l'exercice précédent. La masse salariale dépasse 1 625 milliards, les dépenses en biens et services 1 206 milliards, tandis que les transferts et subventions sont projetés à un peu plus de 820 milliards. Les intérêts de la dette représentent pour leur part 532,5 milliards.
L'investissement public reste un volet important puisque les dépenses d'investissement s'élèvent à 2 026,3 milliards. Le Budget d'investissement public représenterait ainsi 35,7% des dépenses primaires en 2026, contre 35,5% l'année précédente. Sa part dans le budget total diminue toutefois légèrement et passe à 22,8%, alors qu'elle était de 24,2% en 2025.
Le projet de loi fait apparaître un solde global déficitaire de 631 milliards FCFA, sensiblement supérieur aux 309,9 milliards enregistrés en 2025. Cette évolution traduit un accroissement du besoin de financement. En intégrant l'amortissement de la dette intérieure et extérieure, qui atteint 1 870,6 milliards, les remboursements de crédits de TVA estimés à 84 milliards, le paiement des arriérés intérieurs qui s'élève à 498,8 milliards et diverses sorties de trésorerie évaluées à 20 milliards, le besoin total de financement pour 2026 atteint 3 104,2 milliards FCFA. Il dépasse ainsi de 777,5 milliards le niveau de 2025.
Pour couvrir cet important besoin, le gouvernement prévoit de mobiliser plusieurs sources de financement. Les tirages sur prêts-projets représentent une part significative avec 826,7 milliards. Les émissions de titres publics doivent apporter 400 milliards, tandis que les financements bancaires sont attendus à hauteur de 589,7 milliards. Les appuis budgétaires contribueraient pour 120 milliards et les financements exceptionnels pour 167,8 milliards. Les emprunts extérieurs viennent compléter le dispositif avec une enveloppe projetée de 1 000 milliards.
Le projet de loi introduit également plusieurs évolutions administratives et techniques. Il prévoit la suppression des chapitres communs au profit de deux dotations affectées aux dépenses imprévisibles, placées respectivement au ministère des Finances pour la partie fonctionnement et au ministère de l'Économie pour la partie investissement. Le mode de présentation du budget de certaines institutions de souveraineté change également, puisque leurs crédits apparaîtront désormais sous forme de notation.
Le texte confirme aussi l'application intégrale du décret portant nomenclature budgétaire de l'État. Par ailleurs, le Fonds de reconstruction destiné aux régions de l'Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sera scindé en deux fonds distincts afin d'en renforcer l'efficacité. Un nouveau fonds spécial, doté de 50 milliards de FCFA, est créé pour soutenir l'autonomisation économique des femmes et encourager l'emploi des jeunes, en conformité avec les engagements rappelés lors de la dernière prestation de serment du Chef de l'État.
Perton Biyiha
Publié le 27/11/25 10:30
La Rédaction
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