menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Le Ghana veut remplacer le dollar par le cedi dans l’approvisionnement de ses raffineries en brut local

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 2h22min

Le Ghana souhaite permettre à ses raffineries locales de payer en cedis le pétrole brut produit sur son propre territoire, une réforme envisagée par le président John Dramani Mahama pour réduire la demande en dollars dans le secteur énergétique et renforcer l'utilisation de la monnaie nationale.

Actuellement, les raffineries ghanéennes, notamment la Tema Oil Refinery (TOR), une installation publique, et Sentuo Oil Refinery, une raffinerie privée, achètent le pétrole brut en dollars américains, même lorsque celui-ci provient de champs pétroliers exploités dans le pays. Le gouvernement estime que cette pratique exerce une pression supplémentaire sur le marché des changes, alors que les produits raffinés sont ensuite vendus aux consommateurs ghanéens en cedis.

Voir aussi- Le Ghana veut produire 70% de son carburant localement grâce à sa 1ère raffinerie privée et à la relance de Tema

Le président Mahama a demandé au ministre de l'Énergie et de la Transition verte, John Jinapor, d'examiner la possibilité de modifier ce mécanisme afin que les raffineries puissent régler leurs achats de brut local en monnaie nationale. Cette réflexion intervient alors que le Ghana cherche à réduire sa dépendance aux devises étrangères et à consolider la stabilité du cedi.

L'annonce a été faite lors de la remise d'un premier chargement d'un million de barils de pétrole brut Jubilee Medium Sweet à la Tema Oil Refinery, après la remise en service de certaines unités de la raffinerie. Cette livraison marque la reprise progressive des opérations de transformation locale du pétrole brut, avec l'ambition pour Accra d'accroître la part du pétrole produit dans le pays destiné au raffinage domestique.

Voir aussi- Ghana : Avec le lancement imminent de la 2e phase, la raffinerie Sentuo vise 100 000 barils par jour

Le projet vise ainsi à limiter les sorties de devises et à alléger la pression sur le marché des changes. En payant le pétrole brut en cedis, les raffineries pourraient réduire leur exposition aux fluctuations du dollar, tandis que la monnaie nationale gagnerait davantage de place dans les transactions énergétiques domestiques.

Toutefois, cette réforme reste conditionnée à plusieurs ajustements. Le commerce international du pétrole est largement dominé par le dollar et de nombreux contrats énergétiques sont encore libellés dans cette monnaie. Le cadre réglementaire ghanéen encadrant la gestion des revenus pétroliers prévoit également des mécanismes reposant sur les devises étrangères, ce qui pourrait nécessiter des modifications avant une application effective.

Au-delà du secteur pétrolier, cette initiative s'inscrit dans la stratégie du gouvernement ghanéen visant à accroître l'utilisation du cedi dans les échanges économiques nationaux. Pour Accra, l'enjeu est de réduire la pression sur les réserves en devises tout en donnant davantage de poids à la monnaie locale dans une économie encore fortement dépendante du dollar.

Fanuelle YAO 

Publié le 05/08/26 10:02

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

62Z2ZdIyOg5r5518U9-lo9L9e-SKw7VWfiYA3rjgeH8 False