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Minéraux critiques : A Abidjan, l'Afrique veut reprendre la main sur les chaînes de valeur de la transition énergétique

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Face à l'explosion de la demande mondiale en métaux indispensables à la transition énergétique, l'Afrique entend désormais peser davantage dans les chaînes de valeur mondiales. Réunis le 10 juillet à Abidjan à l'initiative de la Banque africaine de développement (BAD), une trentaine de ministres africains, des institutions régionales, des partenaires techniques et des investisseurs ont plaidé pour un changement de modèle : transformer localement les ressources minières plutôt que continuer à les exporter à l'état brut.

L'enjeu est de taille. Le continent concentre près de 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques — cobalt, lithium, graphite, nickel, cuivre ou terres rares —, dont la demande devrait connaître une croissance sans précédent au cours des prochaines décennies, portée notamment par les batteries et les véhicules électriques. Pour les participants, cette nouvelle donne offre à l'Afrique une occasion historique d'accélérer son industrialisation, de créer davantage de valeur ajoutée et d'emplois, tout en renforçant sa souveraineté économique.

Le forum a également marqué une étape dans la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), adoptée lors du Consensus d'Abidjan en avril dernier. L'ambition est de mobiliser davantage de capitaux, de garanties et de financements mixtes afin d'accompagner le développement d'infrastructures industrielles et de chaînes de valeur régionales.

La Côte d'Ivoire veut se positionner sur les nouvelles chaînes de valeur

Pour la Côte d'Ivoire, cette reconfiguration mondiale représente une opportunité stratégique. Intervenant au nom du gouvernement, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a défendu une vision qui dépasse largement l'augmentation de la production minière. L'objectif est de faire des ressources naturelles un levier d'industrialisation et de création de valeur sur le territoire national.

" L'Afrique doit saisir cette opportunité pour accélérer son industrialisation, créer des emplois durables et renforcer sa souveraineté économique grâce à une meilleure valorisation de ses ressources naturelles ", a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que 35 % du territoire ivoirien repose sur des formations birimiennes riches en or, tandis que près des trois quarts du territoire présentent un potentiel en minéraux critiques, offrant au pays des perspectives importantes dans les métaux stratégiques appelés à jouer un rôle central dans l'économie mondiale.

Cette ambition est au cœur de la Politique intégrée des ressources minérales et de l'énergie (PIRME), qui prévoit 38 000 milliards de FCFA d'investissements entre 2026 et 2040, dont 88 % devraient être mobilisés auprès du secteur privé. Au-delà de l'exploitation minière, cette stratégie vise à développer des activités de transformation, à attirer des investissements industriels et à intégrer davantage la Côte d'Ivoire dans les chaînes de valeur internationales.

Convaincu qu'aucun pays africain ne pourra relever seul ce défi, Mamadou Sangafowa Coulibaly a également plaidé pour une coopération régionale renforcée afin de construire des chaînes de valeur africaines intégrées. Cette vision prolonge les réflexions engagées lors du SIREXE 2024 et qui seront au cœur de la deuxième édition du salon, prévue du 18 au 22 novembre 2026 à Abidjan.

" L'Afrique est prête à faire des minéraux critiques un levier de transformation économique et industrielle. Depuis Abidjan, nous invitons les investisseurs et les partenaires internationaux à accompagner cette ambition ", a lancé le ministre.

Le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, a abondé dans le même sens, appelant le continent à rompre avec un modèle fondé sur l'exportation de minerais bruts. Il a assuré que la Banque mettrait son expertise et sa capacité financière au service du développement de chaînes de valeur régionales, afin que l'Afrique capte une part beaucoup plus importante de la richesse générée par ses ressources stratégiques.

Publié le 14/07/26 17:48

Jean Mermoz Konandi

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