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Nouvelle rencontre entre Thierry Minko et le FMI autour des deux verrous budgétaires

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Le calendrier a glissé, mais le cap n'a pas changé. L'accord avec le FMI que le Président Oligui Nguema avait demandé de boucler avant mai 2026 n'a pas été conclu dans les délais, mais Libreville a depuis franchi deux étapes clés tout en multipliant les échanges avec l'institution de Bretton Woods, à l'image de la rencontre ces derniers jours entre Thierry Minko et le représentant Afrique du Fonds, Zeine Zeidane comme indiqué par Africa Intelligence. La loi de finances rectificative 2026 a été votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 20 juin, avant d'être définitivement adoptée par le Sénat lors de la dernière semaine de la session ordinaire, close le 30 juin. Parallèlement, le ministre Thierry Minko a officiellement lancé le 17 juin un audit de la dette publique, dont les conclusions sont attendues à la mi-juillet.

La LFR est le premier signal concret adressé au Fonds. Elle ramène le budget de l'État à 5 495,2 milliards FCFA, contre 6 358,9 milliards dans la loi initiale, soit une contraction de 862,9 milliards. Les recettes budgétaires nettes sont réévaluées à 2 928,2 milliards FCFA, contre les 3 808 milliards initialement escomptés. La prévision de croissance est révisée de 6,5 % à 4 %. Devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale, Minko avait résumé l'enjeu : " Cette loi de finances rectificative vise avant tout à restaurer la sincérité budgétaire et à créer les conditions favorables à la reprise des discussions avec le FMI. "

Le deuxième verrou est plus délicat. Lancé le 17 juin selon les normes internationales INTOSAI-ISSAI, l'audit du Comité de consolidation des passifs exigibles de l'État vise à établir avec précision ce que le Gabon doit réellement. Les autorités estiment la dette à environ 8 700 milliards de FCFA, soit entre 70 et 74 % du PIB à fin mars 2026, mais le Fonds refuse d'accepter ce chiffre sans vérification indépendante. L'audit porte sur les manquements contractuels et budgétaires de la période 2016-2023, l'absence de transfert de certains fonds vers le Trésor et l'inexécution de projets financés.

Ces deux chantiers traduisent une logique de séquençage qui s'est imposée d'elle-même. L'audit révèle la dette réelle qui permet une LFR sincère, qui elle ouvre la voie à un nouveau programme. La progression de l'encours de 7 133 à 8 606,6 milliards FCFA en dix mois selon les données gouvernementales, confirme la vitesse à laquelle les déséquilibres se sont aggravés. La mi-juillet constitue désormais l'horizon immédiat. Si les conclusions de l'audit sont publiées dans les délais, les discussions techniques avec le Fonds pourraient reprendre dans le courant de l'été, ouvrant la voie à une présentation au Conseil d'administration à l'automne 2026. C'est le scénario optimiste.

Idrissa Diakité

Publié le 14/07/26 12:51

La Rédaction

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