La République démocratique du Congo se rapproche de la concrétisation de la zone économique spéciale de Musompo, appelée à accueillir la première usine de fabrication de précurseurs pour batteries électriques. Réuni en Conseil des ministres le 20 février, le gouvernement a assuré que le financement du projet est désormais sécurisé auprès d'Afreximbank, tandis que le redimensionnement du site a été validé à l'issue d'une récente mission interministérielle.
Selon le compte rendu officiel, le ministre d'État en charge de l'Industrie par intérim a indiqué que " le redimensionnement du site a été matérialisé et validé ", ajoutant qu'une feuille de route gouvernementale fixe désormais les actions à mener pour concrétiser ce projet industriel. Le montant du financement n'a pas été rendu public, mais les autorités soulignent que l'appui de la banque panafricaine doit permettre d'accélérer l'aménagement de cette zone située dans la province du Lualaba, cœur de la production mondiale de cobalt.
Cependant, le 26 mars 2025, lors du lancement officiel des travaux, les autorités du Lualaba avaient estimé le coût de l'aménagement de la zone de Musompo à plus de 200 millions de dollars. Kinshasa mise sur ce pôle industriel pour attirer jusqu'à deux milliards de dollars d'investissements privés dans la transformation locale des minerais stratégiques. Les projections officielles évoquent environ 25 000 emplois directs et 60 000 emplois indirects si les installations industrielles voient le jour comme prévu.
Prévu sur plus de 900 hectares, le site doit accueillir en priorité une unité produisant les précurseurs chimiques entrant dans la fabrication des batteries lithium-ion. À terme, Kinshasa envisage également la production de batteries et, éventuellement, l'assemblage de véhicules électriques à partir de matières premières locales.
La réussite du projet dépendra également de la capacité de la région à garantir une alimentation électrique stable. D'après l'Autorité de régulation du secteur de l'électricité, la province du Lualaba disposait en 2024 d'une puissance installée de 847,2 mégawatts, sans précision sur la puissance réellement disponible. Le taux de disponibilité était estimé à 88,2 % en 2023. Le régulateur recensait la même année 17 projets destinés à renforcer l'offre énergétique, signe que les autorités cherchent à sécuriser l'infrastructure nécessaire à l'industrialisation annoncée.
Perton Biyiha
Publié le 25/02/26 09:58
La Rédaction
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