Au Sénégal, un nouveau partenariat est espèré avec le Fonds monétaire international. L'annonce est faite par le président de la République, en marge d'une interview accordée samedi à la presse nationale. Selon Bassirou Diomaye Faye, les travaux sont toujours en cours. À l'en croire, les deux parties n'ont jamais cessé de travailler sur les contours d'un nouveau cadre de coopération.
"Il n'y a pas de rupture avec le FMI. Les discussions continuent. Nous voulons un programme avec le FMI et c'est pourquoi nous discutions pour avoir ce programme. Maintenant, ce qui reste, c'est dans quelles conditions ce programme devra être confectionné", a dit Bassirou Diomaye Faye. Pour lui, son gouvernement a choisi l'option de la transparence en mettant sur les table du FMI les réelles données publiques et financières.
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Malgré l'absence partenariat avec l'institution de Bretton Woods, le président de la République du Sénégal considère que le pays maintient sa dynamique de développement. "Sans l'absence de ce nouveau programme avec le FMI, la trajectoire de croissance du pays reste solide. Le déficit budgétaire du pays se réduit passant de 12% à 6%. Des ressources sont investies dans l'agriculture. De plus, les prix de certaines denrées ont été baissés, celui du carburant aussi. Tout cela montre que le pays est bien tenu, qu'il est dans des mains sûres, que ceux qui tiennent le pays sont compétents. Car il faut une ingénierie politique et technique pour aboutir à ces résultats-là", a dit Bassirou Diomaye Faye.
Cependant il estime que la meilleure option est d'avoir un nouveau départ avec le FMI. À ce niveau, il dit avoir espoir que les choses pourraient bientôt rentrer dans l'ordre. "Les discussions continuent. Et ce que nous voulons, c'est qu'à terme, qu'on puisse avoir un programme et j'ai espoir que dans les prochains mois, on pourrait avoir un programme avec le Fmi. Évidemment cela pourrait nous faciliter beaucoup de choses", a ajouté Bassirou Diomaye Faye.
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Dans ce contexte économique et financier tendu où l'État puise 70% de ses besoins financiers, sur le marché financier local, il note qu'il est important d'avoir accès au marchés internationaux, afin d'avoir des ressources concessionnelles et des taux d'emprunt assez bas. Cela, dit il permettra de prendre en charge la dette intérieure. À ce propos, il a indiqué que rien que pour le secteur des Bâtiments et travaux publics, le gouvernement doit régler une enveloppe de 569 milliards FCFA.
Depuis juin 2024, le Sénégal n'a pas profité d'un décaissement du Fonds monétaire international alors qu'il était attendu une enveloppe de 230 milliards FCFA. La faute, une situation économique et financière avec des agrégats macroéconomiques illisibles selon le Fmi. Au cours d'une conférence de presse, l'ancien chef de mission du Fmi au Sénégal, Gemayel Edwards indiquait à l'époque que l'absence de décaissement était liée à des données qui auraient été falsifiées avec une dette cachée de près de 2000 milliards FCFA et un déficit budgétaire sous-estimé entre 2019 et 2023.
Depuis lors, les échanges se sont poursuivis entre les deux parties, à Dakar et à Washington. Récemment, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba soulignait que les deux parties ont convenu d'entamer des négociations en faveur d'un nouveau programme sur la base de la situation réelle des finances publiques ressortie du rapport de la Cour des Comptes.
Publié le 04/05/26 08:37
La Rédaction
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CEMAC