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Togo : Les créances douteuses ont presque doublé en 2025

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Le secteur financier togolais évolue dans un équilibre encore fragile. Réuni ce 23 mars à Lomé pour sa première session de l'année, le Conseil National du Crédit (CNC), sous la présidence du ministre des Finances et du Budget Essowé Georges Barcola, a dressé un constat nuancé, entre progression du crédit et signaux de fragilité dans le système bancaire.

Instance de dialogue entre les autorités publiques, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et les acteurs financiers, le CNC joue un rôle clé dans l'orientation des politiques de financement. Il suit de près l'évolution du crédit, les conditions d'accès aux financements, mais aussi les enjeux liés à la modernisation des moyens de paiement.

Une conjoncture économique bien orientée

Les perspectives économiques du Togo restent globalement solides. La croissance est attendue à 6,5% en 2026, après 6,2% en 2025, selon la BCEAO, soutenue par le dynamisme des services, l'activité aéroportuaire et les investissements dans les infrastructures logistiques. L'inflation devrait, elle, rester contenue autour de 1,8%, dans les normes de l'Union.

Ce tableau positif reste toutefois exposé à plusieurs incertitudes. Les tensions géopolitiques, la volatilité des prix des hydrocarbures, les perturbations logistiques ou encore les fluctuations des marchés financiers pourraient peser sur l'équilibre économique.

Un crédit en hausse et des conditions légèrement plus favorables

Sur le plan financier, les évolutions sont plutôt encourageantes. Les nouveaux crédits bancaires ont progressé de 15% en un an, pour atteindre 1 111 milliards FCFA en 2025. Les institutions de microfinance confirment aussi leur rôle croissant, avec 340 milliards FCFA de financements accordés, contre 302 milliards FCFA l'année précédente.

Dans le même temps, le taux d'intérêt débiteur moyen recule légèrement, à 7,4% contre 7,6% en 2024. Une baisse modeste, mais qui traduit un accès un peu plus favorable au financement pour les entreprises et les ménages.

Une dégradation préoccupante du portefeuille de crédit

Mais cette amélioration s'accompagne d'un point de vigilance important. Le taux brut de créances douteuses des banques a nettement augmenté, passant de 7% en 2024 à 13% en 2025. Une évolution qui marque une rupture après plusieurs années d'amélioration.

Pour les autorités, si cette tendance se prolonge, elle pourrait peser sur la capacité des banques à financer l'économie. Le CNC appelle donc à renforcer l'analyse du risque et à accélérer les dispositifs de recouvrement.

Face à ces défis, les autorités insistent sur la nécessité de diversifier les sources de financement. Les établissements financiers sont encouragés à développer des solutions adaptées aux énergies renouvelables, afin de limiter l'exposition aux chocs pétroliers, mais aussi à renforcer les crédits en faveur de l'agro-industrie pour soutenir la transformation locale.

La digitalisation des paiements apparaît également comme un levier incontournable. Pour Essowé Georges Barcola, elle constitue désormais un outil clé pour élargir l'accès aux services financiers et mobiliser davantage l'épargne.

La présence de Badanam Patoki, ministre de l'Economie et de la Veille stratégique et des représentants de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest matérialise d'ailleurs l'importance accordée à la coordination des politiques économiques et financières.

Publié le 24/03/26 19:01

Dr Ange Ponou

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