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Un revenu minimum pour les plus pauvres devrait aider à freiner la propagation du Covid-19 selon le PNUD

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Dans un rapport qu'il vient de publier, le PNUD soutient qu'en allouant un revenu minimum provisoire aux 2,7 milliards de personnes les plus pauvres, il sera possible de freiner la propagation de la pandémie à travers le monde. Une vision bien réalisable et déjà à l'œuvre au Togo.

Des allocations financières aux populations les plus pauvres devraient contribuer à freiner la propagation de la Covid-19 ! C'est ce que préconise le rapport que vient de publier le PNUD, le programme des Nations unies pour le développement, ce 22 juillet.

Intitulé Revenu minimum provisoire : protéger les pauvres et les personnes vulnérables dans les pays en développement, le document soutient que " l'adoption immédiate " d'un revenu minimum provisoire pour les personnes les plus pauvres du monde pourrait ralentir la flambée actuelle des cas de Covid-19 en permettant à près de trois milliards de personnes de rester chez elles pendant la pandémie.

Certes, la crise sanitaire a conduit à la plus pire crise économique et sociale mondiale de ces  dernières décennies, mais le plus lourd tribut est supporté par les populations les plus pauvres vivants généralement de l'informel et qui ne peuvent s'offrir le trop grand luxe de passer des jours en confinement, sans travailler, alors que leur survie est en jeu.

Une ambition réalisable

A en croire le PNUD, ce sont " environ 199 milliards $ par mois ", environ 1 111 milliards FCFA,  qu'il faudrait débourser pendant six mois au profit de 2,7 milliards de personnes " vivant en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté dans 132 pays en développement ". Une somme qui " ne coûterait que 12% de la réponse financière totale au Covid-19 prévue pour 2020, ce qui équivaudrait au tiers de la dette extérieure des pays en développement pour 2020 " et qui est jugée " financièrement réalisable ".

En l'occurrence, au nombre des solutions à envisager pour mobiliser ces ressources, le rapport propose de réaffecter les fonds destinés au remboursement de la dette au paiement de ce revenu minimum provisoire. Les études ont montré en effet que ce sont 3 100 milliards $ que les pays émergents et en développement devront débourser pour honorer leurs engagements envers leurs créanciers cette année.

Cette nouvelle approche dans la lutte contre la Covid-19 s'avère d'autant plus nécessaire et urgente que " la pandémie se propage désormais à un rythme de plus de 1,5 million de nouveaux cas par semaine, en particulier dans les pays en développement où sept travailleurs sur dix vivent grâce aux marchés informels et ne peuvent pas gagner d'argent s'ils restent chez eux ", explique le rapport.

" Les plans de sauvetage et de relance ne peuvent pas se concentrer uniquement sur les grands marchés et les grandes entreprises. Un revenu minimum provisoire pourrait permettre aux gouvernements de fournir aux personnes confinées une sécurité financière, de réinjecter de l'argent dans les économies locales pour aider les petites entreprises à survivre et de ralentir la propagation dévastatrice du Covid-19 ", a indiqué Achim Steiner, l'administrateur du PNUD.

Le Togo cité en exemple

L'expérience du transfert monétaire envers les populations les plus vulnérables a été lancée dans un certain nombre de pays dont le Togo, cité en exemple dans le rapport. Le pays alloue plus de 19,5 millions de dollars (environ 10,9 milliards FCFA) d'aide financière mensuelle à plus de 12 % de la population, principalement aux femmes qui travaillent dans le secteur informel, dans le cadre de son programme d'aide " Novissi " destiné à soutenir les populations rendues vulnérables par la crise.

Voir aussi - Covid-19/Togo : Novissi, l'ambitieux programme d'aide financière au profit des populations vulnérables

D'après l'institution, le déclenchement de la pandémie devrait pousser " jusqu'à 100 millions de personnes supplémentaires " dans l'extrême pauvreté en 2020 en raison notamment d'un chômage record et de la perte de moyens de subsistance pour des dizaines de millions de personnes. Une situation qui va inévitablement impacter l'indice du développement humain dans la plupart des pays.

Voir aussi - Rapport du PNUD sur le développement humain : l'UEMOA au bas du classement

Jean Mermoz Konandi

Publié le 11/08/20 17:45

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