menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

BVMAC : La hausse des revenus ne suffit pas à enrayer les pertes qui atteignent 454 millions FCFA en 2025

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 4h13min

 

La Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC) a clôturé l'exercice 2025 sur une perte nette de 454,5 millions de FCFA, contre 322,2 millions un an plus tôt, selon son rapport financier. Cette dégradation de 41,1 % intervient malgré une progression de 5,1 % des revenus globaux, à 1 milliard de FCFA.

Le chiffre d'affaires passe ainsi de 876 à 927,3 millions de FCFA, en hausse de 5,8 %. Le rapport attribue cette évolution à l'admission à la cote de quatre nouvelles émissions obligataires. L'État du Gabon a levé 80 milliards de FCFA sur le marché régional, tandis qu'ACEP Cameroun, ALIOS FINANCE et la SNPC ont respectivement mobilisé 5 milliards, 9 milliards et 32 milliards de FCFA. Les commissions de capitalisation sur les encours de dettes, principale source de revenus de la place boursière, atteignent 578,6 millions de FCFA, en progression de 18,7 % sur un an.

Des charges qui progressent deux fois plus vite

Cette hausse des revenus ne suffit toutefois pas à compenser l'augmentation des charges. Les charges de fonctionnement et d'exploitation progressent de 18,2 %, à 1,3 milliard de FCFA, contre 1,1 milliard en 2024. Soit une hausse de 205,3 millions de FCFA, que le rapport explique en grande partie par les recrutements intervenus au cours de l'exercice. La rémunération du personnel représente désormais 59,2 % du total des charges.

Cette évolution pèse directement sur les principaux indicateurs de performance. La valeur ajoutée recule de 8,9 %, à 395 millions de FCFA, tandis que l'excédent brut d'exploitation se dégrade, passant de -221,5 à -394,5 millions de FCFA. Le résultat d'exploitation suit la même trajectoire, de -372,2 à -468,9 millions de FCFA. La perte nette s'accroît ainsi de 132,3 millions de FCFA en un an.

Au-delà du compte de résultat, le bilan révèle une tension accrue sur les liquidités. La trésorerie active chute de 67,9 %, passant de 2,5 milliards à 805,6 millions de FCFA. Cette baisse coïncide avec une forte progression des immobilisations financières, qui passent de 5,4 millions à 2,1 milliards de FCFA. Cette évolution s'explique par l'entrée de titres de participation pour 2,1 milliards de FCFA, contre zéro l'année précédente.

Une partie des ressources de la place boursière s'est ainsi retrouvée immobilisée dans des participations plutôt que disponible en liquidités. Le rapport précise que la BVMAC a dû souscrire une avance de trésorerie d'un milliard de FCFA auprès d'un établissement bancaire de la place, une opération qui n'existait pas dans les comptes de 2024.

Cette pression financière se reflète également dans la structure du bilan. Les capitaux propres et ressources assimilées reculent de 8,9 %, à 5,1 milliards de FCFA, contre 5,6 milliards en 2024. Dans le même temps, les dettes du passif circulant progressent de 21,1 %, à 949,6 millions de FCFA. Elles sont notamment tirées par les autres dettes, en hausse de 19,2 %, à 760,4 millions de FCFA. Ce poste intègre les apports des sociétés de bourse dans le cadre de leur prise de participation au capital social de la BVMAC.

Le rapport attribue cette dégradation d'ensemble à la faiblesse persistante des activités sur les compartiments actions et obligations, au non-aboutissement du projet de dépositaire central unique privé pour la zone CEMAC, ainsi qu'aux difficultés de recouvrement des créances auprès de plusieurs États membres.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 08/09/26 17:39

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

Y5Neeegio43X6POP51wz8Fjje6yR6OMOmlH2wuX0Z40 False