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Cameroun : La Caisse des Dépôts et Consignations veut collecter 375 milliards de FCFA supplémentaires d’ici 2028

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La Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) entend porter son portefeuille à 525 milliards de FCFA à fin 2028, contre un objectif de 150 milliards à fin 2026. Pour mobiliser les 375 milliards supplémentaires nécessaires à cette progression, l'institution compte intensifier le recouvrement des ressources qui lui sont légalement dévolues auprès des établissements financiers et d'autres organismes, y compris par le recours aux procédures judiciaires contre les récalcitrants.

L'efficacité de cette stratégie est déjà illustrée par les résultats obtenus devant les tribunaux. En 2025, les procédures judiciaires ont permis de recouvrer 19,3 milliards de FCFA, dont 11,7 milliards transférés par des banques poursuivies et 7,6 milliards correspondant à des cautions de marchés publics appelées par le ministère des Travaux publics. 

" En 2027, on va se focaliser sur la mobilisation des fonds. Si l'État nous a donné des moyens, c'est pour qu'on puisse atteindre nos résultats ", a déclaré Yvan Serge Ottou Owona, directeur des Affaires générales de la CDEC, lors d'un déjeuner de presse organisé le 30 octobre 2026 à Yaoundé.

Cette intensification du recouvrement répond à une trajectoire de croissance particulièrement ambitieuse. Après un portefeuille visé à 150 milliards de FCFA à fin 2026, la Caisse prévoit de le porter à 262,5 milliards en 2027, puis à 525 milliards en 2028. Le seul exercice 2027 devra ainsi générer une progression de 112,5 milliards de FCFA. 

Sur ce terrain, la CDEC ne part pas de zéro. Depuis 2023, elle a engagé des discussions avec les établissements concernés, notamment par l'intermédiaire de l'Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM).

Ces échanges ont débouché sur plusieurs aménagements, dont le report à fin mai 2024 de la date limite de transfert des ressources ainsi que la possibilité d'organiser des reversements tenant compte de la situation financière de certains établissements.

Malgré ces dispositions, des résistances persistent, notamment dans le secteur bancaire, où le transfert de certaines ressources peut représenter un enjeu de trésorerie important. La CDEC estime que certains établissements ont conservé pendant plusieurs années des fonds qui auraient dû lui revenir, en les affectant à leurs propres activités, notamment à l'achat de titres publics ou à l'octroi de crédits.

Leur restitution peut donc nécessiter une réorganisation de leur trésorerie, même si des délais et des modalités d'aménagement leur ont été accordés. Pour la Caisse, ces contraintes ne sauraient toutefois justifier la rétention prolongée de ressources qui lui sont destinées, en particulier les avoirs en déshérence.

Au-delà de l'augmentation de son portefeuille, la mobilisation effective de ces fonds doit également donner à la CDEC les moyens de concrétiser sa stratégie de placement et de financement de l'économie. L'institution ambitionne de réaliser plus de 20 % de ses placements en dehors des titres publics camerounais et de dégager un rendement moyen supérieur à 3 % sur l'ensemble de ses ressources.

Elle prévoit également de consacrer un montant cumulé de 30 milliards de FCFA au développement économique, dont 5 milliards pour un programme pilote de financement des petites et moyennes entreprises (PME) portées par des jeunes et des femmes.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 03/11/26 09:56

La Rédaction

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