Dans un environnement régional encore contraint, la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) avance à un rythme modéré, mais non uniforme. Selon les Perspectives économiques mondiales de janvier 2026 de la Banque mondiale, la croissance des pays de la zone devrait globalement s'établir autour de 3 à 4 % à l'horizon 2026-2027, un niveau inférieur à la moyenne de l'Afrique subsaharienne, attendue à 4,7 % en 2027. Dans cet ensemble, deux économies se distinguent nettement à court terme : Gabon et Cameroun, appelées à jouer un rôle moteur dans la dynamique régionale.
Au Gabon, la trajectoire de croissance montre une accélération progressive après un léger ralentissement en 2025. La croissance du PIB est estimée à 3,1 % en 2025, avant de remonter à 3,7 % en 2026 puis 4,1 % en 2027. Cette reprise place le pays au-dessus de la moyenne CEMAC à moyen terme. Elle repose sur une combinaison de facteurs mêlant stabilisation de la production pétrolière après plusieurs années de déclin, montée en puissance de certains investissements publics et parapublics, et contribution accrue des services. Sans constituer un décollage, cette dynamique confère au Gabon un rôle moteur relatif au sein de la zone.
Le Cameroun affiche pour sa part une croissance plus régulière mais structurellement solide. Après 3,5 % en 2024, l'activité économique est attendue à 3,7 % en 2025 et 2026, puis 3,9 % en 2027. Première économie de la CEMAC en taille, le Cameroun bénéficie d'une base productive plus diversifiée, mêlant agriculture, industries agroalimentaires, services et grands projets d'infrastructures. Cette stabilité fait du pays un pilier conjoncturel de la région, capable d'amortir partiellement les chocs qui affectent les économies plus dépendantes des hydrocarbures.
À l'inverse, plusieurs États de la CEMAC restent à la traîne. La Guinée équatoriale demeure en contraction en 2025 (-1,6 %) et n'amorcerait qu'une reprise lente, à 0,4 % en 2026 puis 1 % en 2027, sous l'effet du déclin pétrolier. Le Congo progresse plus lentement, avec une croissance attendue autour de 3 %, tandis que la République centrafricaine reste cantonnée à des rythmes proches de 3 %, après des années de faible expansion. Dans ce contexte, à court terme, la croissance en CEMAC repose largement sur le duo Gabon-Cameroun, sans lequel la performance régionale serait sensiblement plus faible.
Idrissa Diakité
Publié le 20/01/26 14:09
La Rédaction
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