Les investisseurs établis au Cameroun détiennent 5 536,5 milliards de FCFA de titres publics sur le marché régional de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), soit 50,3 % de l'encours total, évalué à 11 016,7 milliards de FCFA au 30 septembre 2026.
Selon le bulletin n° 62 de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), publié le 2 novembre 2026, le Cameroun devance largement le Gabon, dont les investisseurs détiennent 2 103,4 milliards de FCFA de titres publics, et le Congo, avec 1 460,9 milliards de FCFA.
Sur les 5 536,5 milliards de FCFA de titres détenus par les investisseurs camerounais, 1 855,3 milliards de FCFA correspondent à des titres de l'État du Cameroun.
Les 3 681,2 milliards de FCFA restants financent les autres pays de la CEMAC. Le Congo constitue leur première destination, avec 1 408,9 milliards de FCFA, devant le Gabon, qui en attire 1 293,3 milliards. Le Tchad reçoit 545,9 milliards de FCFA de ces placements, tandis que la République centrafricaine en mobilise 335,7 milliards.
L'importance de ces investissements se mesure également à leur poids dans le financement de chaque État. Les investisseurs camerounais détiennent ainsi 46,4 % de l'encours régional des titres publics congolais, 35,3 % de celui du Gabon et 43,4 % de celui du Tchad. En République centrafricaine, leur position représente près de 69,4 % de l'encours recensé sur le marché régional, évalué à 484 milliards de FCFA.
La structure des placements révèle par ailleurs une nette préférence pour les obligations du Trésor assimilables (OTA), dont les échéances sont généralement plus longues que celles des bons du Trésor assimilables (BTA). Sur les 1 408,9 milliards de FCFA de titres congolais détenus par les investisseurs camerounais, 1 251,8 milliards sont constitués d'obligations, contre 157,1 milliards de bons. Au Gabon, les obligations représentent 1 155,6 milliards de FCFA sur les 1 293,3 milliards investis. La tendance est encore plus marquée au Tchad, où les OTA atteignent 530,2 milliards de FCFA sur un total de 545,9 milliards.
Si les investisseurs camerounais occupent une place prépondérante dans le financement des autres États de la CEMAC, les échanges de titres publics fonctionnent également dans le sens inverse. Les investisseurs congolais détiennent 103,4 milliards de FCFA de titres camerounais, tandis que leurs homologues gabonais en possèdent 103,1 milliards.
Cette asymétrie apparaît aussi dans la structure de détention des titres camerounais. Sur les 2 184,4 milliards de FCFA de titres de l'État du Cameroun recensés dans le tableau de la BEAC, 1 855,3 milliards sont détenus par des investisseurs camerounais, soit près de 85 % de l'encours.
Le marché de la dette camerounaise repose donc largement sur des capitaux domestiques. À l'inverse, les titres gabonais et congolais mobilisent des montants importants auprès d'investisseurs établis dans les autres pays de la sous-région, au premier rang desquels figure le Cameroun.
Claude Paul Tjeg
Publié le 03/11/26 10:52
La Rédaction
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