L'évolution récente des prix à la consommation confirme une dynamique globalement maîtrisée en Côte d'Ivoire. En février 2026, l'Indice harmonisé des prix à la consommation progresse de 1,9% sur un an, une hausse modérée portée principalement par le renchérissement de certains produits alimentaires et par l'augmentation des dépenses liées au logement.
On note toutefois des évolutions contrastées des mouvements des prix selon les postes de consommation.
L'alimentation exerce la principale pression sur les prix
La composante Produits alimentaires et boissons non alcoolisées contribue le plus à la hausse de l'inflation, avec une augmentation annuelle de 2,9%. Cette évolution s'explique notamment par l'appréciation des prix de plusieurs produits de base.
Les viandes (+10,3%) ont ainsi enregistré une progression notable, tandis que les légumes frais (+4,1%) et les légumineuses voient leurs prix nettement se raffermir. Les poissons séchés, salés ou fumés s'inscrivent également dans cette tendance haussière.
À l'inverse, certaines denrées atténuent cette pression inflationniste. Les céréales non transformées (-1,4%) ont affiché un léger recul, tout comme certaines variétés de poissons frais (-1%) et les huiles végétales (-5%), limitant l'ampleur de la hausse globale des prix alimentaires.
L'énergie domestique renchérit le coût du logement
Les dépenses liées au logement contribuent également à l'évolution de l'inflation. La division Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles a affiché un accroissement de 3,8% sur un an.
Cette hausse découle principalement du renchérissement des combustibles solides, notamment le bois de chauffage et le charbon, largement utilisés par de nombreux ménages pour les besoins domestiques.
Le recul des carburants tempère l'indice global
À l'opposé, la composante Transports agit comme un facteur modérateur. Les prix dans cette catégorie se sont contractés de 2,3%, sous l'effet du reflux des carburants.
Les tarifs de l'essence et du diesel se sont affichés en net repli, ce qui a contribué à atténuer la hausse globale de l'indice. Certains services ont continué toutefois d'augmenter, notamment le transport de voyageurs par bus et le transport aérien intérieur, dont les tarifs se redressent sensiblement.
Au-delà des fluctuations liées aux produits frais et à l'énergie, l'inflation sous-jacente, qui mesure l'évolution des prix hors ces composantes volatiles, a enregistré également une légère progression à 2%.
Cette tendance traduit la persistance de tensions sur certaines catégories de services et sur plusieurs produits alimentaires transformés.
Publié le 13/03/26 17:48
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC