Le Gabon et la Côte d'Ivoire se préparent à renforcer leur coopération économique lors du Forum d'affaires prévu les 18 et 19 novembre 2025 à Libreville. Parmi les thèmes centraux figurent la sécurité alimentaire et la gestion des cultures de rente, un enjeu majeur pour les deux pays. Si le Gabon repose historiquement sur des cultures d'exportation comme l'hévéa et le palmier à huile, la Côte d'Ivoire, elle, a développé des mécanismes permettant d'équilibrer cultures de rente et production vivrière, tout en structurant ses filières pour soutenir à la fois l'exportation et la consommation locale.
L'une des principales leçons pour le Gabon concerne la diversification et la structuration des cultures vivrières. La Côte d'Ivoire a mis en place des programmes tels que le PNIA2 et les Agropôles pour développer la production de manioc, de maïs, de plantain et d'igname, tout en renforçant la transformation locale. Pour le Gabon, où l'agriculture contribue faiblement au PIB (moins de 3 %), cette approche pourrait aider à limiter la dépendance aux importations, renforcer la résilience alimentaire et créer de nouvelles opportunités économiques pour les acteurs locaux.
Le deuxième point concerne l'exploitation efficace des cultures de rente. La Côte d'Ivoire organise ses filières (cacao, coton, anacarde) grâce à un accompagnement technique, à des mécanismes de financement et à un meilleur accès aux intrants, ce qui maximise la valeur ajoutée locale. Le Gabon, malgré un potentiel similaire dans l'hévéa, le palmier à huile et le café, souffre encore d'un manque d'industrialisation et de transformation interne. Le forum pourrait permettre aux décideurs gabonais d'échanger sur les méthodes à adopter pour structurer leurs filières, sécuriser les revenus des producteurs et stimuler l'investissement privé.
Le troisième enseignement porte sur le rôle des institutions et du financement agricole. En Côte d'Ivoire, les coopératives rurales et les caisses d'épargne et de crédit soutiennent efficacement les producteurs et la transformation locale. Le Gabon pourrait s'inspirer de ce modèle pour renforcer ses institutions agricoles, améliorer l'accès au financement, former les producteurs et développer une agro-industrie nationale attractive pour les investisseurs régionaux et internationaux.
Ce Forum Gabon–Côte d'Ivoire offre donc une occasion stratégique d'évaluer et d'adapter des pratiques agricoles combinant sécurité alimentaire et culture de rente. Pour le Gabon, tirer parti de l'expérience ivoirienne pourrait renforcer la résilience alimentaire, stimuler l'économie rurale et créer un environnement favorable aux investissements. L'événement devrait permettre aux décideurs, opérateurs économiques et investisseurs de poser les bases d'une coopération Sud–Sud concrète et durable dans le secteur agricole.
Publié le 13/11/25 16:26
La Rédaction
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CEMAC