A l'issue d'un conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) qui s'est tenu le 24 juin 2026, la Côte d'Ivoire a été reclassée en risque " faible " de surendettement par le FMI, une première pour les économies d'Afrique subsaharienne, traduisant ainsi une amélioration notable de son profil de dette et de sa crédibilité financière.
Pour rappel, les institutions de Bretton Woods classifient le risque de surendettement en trois (03) catégories (Faible, Modéré, Elevé). Cette classification repose sur une analyse de viabilité de la dette sur un horizon de vingt (20) ans mesurant la capacité des Etats à honorer leurs engagements financiers.
Cette décision historique du FMI et de la Banque mondiale intervient après plus d'une décennie de classement en risque " modéré ", consécutive à l'atteinte en 2012 du Point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Cette reclassification positionne la Côte d'Ivoire dans la catégorie risque " faible " jusque-là inédite en Afrique subsaharienne. Elle reflète notamment le passage de la capacité d'endettement du pays de " modérée " à " forte ", avec des indicateurs largement au-dessus des seuils de viabilité.
Selon le FMI, cette amélioration qui intervient à la conclusion du programme économique et financier signé avec la Côte d'Ivoire il y a trois (03) ans, reflète " une gestion prudente de la dette par les autorités, notamment des opérations de gestion de passif qui ont réduit le service de la dette à court terme et lissé le profil de remboursement, et un renforcement de la dynamique de la dette, soutenu par la consolidation budgétaire et un accroissement de la mobilisation des recettes dans le cadre des programmes appuyés par le FMI ".
Une trajectoire de dette désormais orientée à la baisse
Après plusieurs années de progression liée aux besoins de financement du développement et aux chocs extérieurs successifs, le ratio de dette publique a été ramené à 57,6 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2025 selon le rapport du FMI, soit une baisse de 2,6 points de pourcentage par rapport à 2024, marquant sa première réduction en proportion du PIB depuis plus de dix ans. Selon les projections de l'institution, la dette publique devrait poursuivre sa baisse pour s'établir autour de 45 % du PIB à l'horizon 2031.
Une gestion de la dette plus innovante et structurée
L'amélioration du profil de risque s'appuie sur le recours plus marqué à des instruments de financement diversifiés et moins onéreux tels que le Samouraï bond et les facilités de financement durable adossées à des garanties.
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Par ailleurs sur le marché financier régional, la Côte d'Ivoire bénéficie également de conditions de financement en nette amélioration. En effet, sur la base des rapports publiés par l'agence UMOA-Titres, la Côte d'Ivoire parvient à mobiliser des ressources de plus en plus longues tels que des Obligations assimilables du Trésor (OAT) de maturité 3, 5 et 7 ans, et ceux, malgré une réduction des taux d'intérêt offerts aux investisseurs depuis plus d'un an.
Un signal fort pour les investisseurs
Cette reclassification en risque " faible " constitue un signal supplémentaire pour les investisseurs et les agences de notation dans un contexte où ceux-ci se montrent de plus en plus exigeants vis-à-vis des économies émergentes.
Cette évolution positive devrait permettre à la Côte d'Ivoire de bénéficier d'un accès plus favorable aux marchés internationaux avec une réduction progressive de ses coûts de financement et d'un élargissement de sa base d'investisseurs.
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Publié le 25/06/26 07:23
La Rédaction
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CEMAC