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FMI - Afrique : Entre dépendance financière et quête de souveraineté budgétaire

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La relation entre l'Afrique et le Fonds monétaire international (FMI) s'intensifie dans un contexte de pressions budgétaires croissantes et de coûts d'endettement record. Le continent a bénéficié de plus de 69 milliards de dollars de financement depuis 2020, selon des données relayées par Bloomberg, une injection vitale face à la contraction des marges de manœuvre budgétaires.

Mais cette dépendance soulève des interrogations sur la soutenabilité des ajustements et l'équilibre entre rigueur et développement.

Une demande de financement toujours élevée

Le FMI, basé à Washington, affirme constater une demande continue de la part des pays africains. Celle-ci prend la forme de nouveaux programmes, de prolongations ou d'augmentations d'enveloppes déjà existantes. Aujourd'hui, une vingtaine de pays disposent d'accords actifs, parmi lesquels l'Égypte, le Bénin et le Ghana. D'autres, comme le Malawi, le Kenya ou le Mozambique, qui avaient interrompu prématurément leurs programmes, ont rouvert des négociations. Le Sénégal et l'Ouganda sollicitent également de nouveaux financements, tandis que la Zambie discute une prolongation de son programme.

Cette dynamique s'explique par la fragilité structurelle des économies africaines, exacerbée par des chocs persistants et une dette extérieure qui dépasse désormais 650 milliards de dollars. Rien qu'en 2024, le service de la dette a frôlé les 90 milliards, selon l'ONU.

L'austérité sous tension, mais une relation rééquilibrée

La coopération avec le FMI reste marquée par des résistances populaires. En Angola, des manifestations ont éclaté en juillet contre la réduction des subventions aux carburants, tandis qu'au Kenya les hausses d'impôts ont suscité une contestation sociale en 2023. Ces réactions traduisent les limites politiques et sociales des politiques d'austérité prônées par l'institution.

Cependant, la relation a évolué. ‘'De nombreux dirigeants d'État considèrent désormais le FMI comme un partenaire indispensable, capable de soutenir la liquidité en devises et de fournir des financements concessionnels'', souligne un analyste. Les réformes internes du FMI, notamment l'accroissement de la représentation africaine dans son conseil d'administration, ont contribué à renforcer son image de légitimité et d'inclusivité.

Pour plusieurs analystes, le recours au FMI n'est pas un choix mais une nécessité. Jacques Nel, responsable macroéconomie Afrique chez Oxford Economics, rappelle que le resserrement des conditions de financement internationales a conduit de nombreux pays africains à s'endetter à des taux prohibitifs. Le FMI apparaît alors comme l'un des rares pourvoyeurs de liquidités accessibles, même au prix de conditions contraignantes.

Au-delà du financement immédiat, l'appui du FMI joue un rôle de signal positif. Son approbation d'un programme confère un ancrage budgétaire et une crédibilité accrue auprès des créanciers, facilitant les opérations de restructuration, le reprofilage de la dette ou l'accès à des financements complémentaires.

Publié le 12/09/25 19:30

La Rédaction

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