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Gabo: L'irrésisitible reflux de la dette qui devrait franchir les 90% du PIB en 2027

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L'annexe statistique du rapport d'avril 2026 du FMI sur les perspectives régionales d'Afrique subsaharienne, trace une trajectoire mitigée pour la dette publique gabonaise. Partie de 70,9 % du PIB en 2024, elle est projetée à 78,9 % en 2025, puis 86,1 % en 2026, pour atteindre 94,3 % du PIB en 2027. Sur trois ans, la progression dépasse 23 points de pourcentage, un rythme d'accumulation que peu de pays de la région affichent sur la période couverte par le rapport.

Cette trajectoire tranche nettement avec la dynamique régionale. Le FMI souligne que le niveau médian d'endettement public en Afrique subsaharienne est passé de 57,2 % du PIB en 2024 à 53,1 % en 2025, porté par une croissance plus vigoureuse et des évolutions favorables des taux de change. L'Éthiopie, le Ghana et la Zambie sont cités comme des exemples de pays ayant nettement avancé dans la restructuration de leur dette au cours de l'année écoulée. Le Gabon évolue donc à contre-courant d'une tendance régionale que le rapport présente comme l'un des acquis les plus solides de l'année 2025.

Le moteur de cette dynamique est directement lisible dans les chiffres du solde budgétaire. Le déficit global, dons compris, est passé de -3,3 % du PIB en 2024 à -8,5 % en 2025, puis se creuserait à -10,0 % en 2026 et -11,2 % en 2027 selon les projections des services du FMI. Un déficit primaire de cette nature, cumulé sur plusieurs années, alimente la trajectoire d'endettement, d'autant que la charge des intérêts progresse en parallèle avec le stock de dette.

Les analystes du Fonds utilisent par ailleurs un indicateur qui permet de mesurer, pays par pays, l'effort budgétaire encore nécessaire pour stopper la progression de la dette : c'est le rééquilibrage budgétaire supplémentaire requis pour stabiliser la dette en 2026. Au vu des chiffres projetés pour le Gabon, le pays se situe parmi ceux qui dépassent ce seuil, ce qui signifie que plus la correction est reportée, plus l'effort à fournir plus tard sera important. Le rapport rappelle également qu'un tiers des pays de la région cumulent déjà plusieurs fragilités économiques à la fois (dette, réserves, inflation), ce qui leur laisse très peu de marge pour absorber un nouveau choc.

Dans ce contexte, le FMI recommande de considérer toute recette exceptionnelle " comme une aubaine temporaire " à utiliser en priorité pour " renforcer la résilience de l'économie " et pour " la reconstitution des marges de manœuvre budgétaires et extérieures ". Cette démarche doit, selon les termes du rapport, " s'appuyer sur des règles budgétaires et des mécanismes de stabilisation transparents et bien construits afin de maîtriser la volatilité, de lisser les dépenses et de gagner en crédibilité ". Le Fonds met par ailleurs en garde contre les " surcroîts de dépenses procycliques ", qui " peuvent être difficiles à inverser " et qui " peuvent alimenter l'inflation ou l'appréciation du taux de change réel ".

Publié le 03/08/26 11:48

La Rédaction

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