menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

‘’Le véritable choix réside dans l’écosystème qui stimulera votre croissance’’: Washington clarifie sa stratégie numérique en Afrique

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 0h51min

Le choix qui s'offre aujourd'hui aux nations africaines dans le domaine du numérique ne se limite pas à l'acquisition d'une puce ou d'un service cloud, mais concerne l'ensemble de l'écosystème qui stimulera leur croissance pour la prochaine génération. Intervenant le 29 juillet 2026 lors d'un point de presse numérique organisé par le Centre régional des médias pour l'Afrique du département d'État des États-Unis, Mark Mitchell, sous-secrétaire adjoint chargé du Bureau Moyen-Orient et Afrique à la direction du commerce international du département du Commerce des États-Unis, a livré un message particulièrement explicite à l'attention du continent. Selon lui, tous les écosystèmes technologiques ne proposent ni les mêmes performances, ni la même transparence, ni le même respect de la souveraineté nationale.

Cet échange avec les médias s'est tenu en marge du Symposium sur la logistique et les communications en Afrique, un événement d'envergure coorganisé du 27 au 30 juillet 2026 à Addis-Abeba par le commandement des États-Unis pour l'Afrique, l'AFRICOM, et le ministère éthiopien de la Défense. Cette rencontre a réuni des décideurs civils et militaires autour des défis majeurs de la transformation technologique et opérationnelle du continent.

Voir aussi- RDC : Kinshasa accélère la cartographie minière pour mieux attirer les capitaux étrangers

À cette occasion, le général de brigade Paul G. Filcek, directeur de la logistique à l'AFRICOM, a souligné la dimension historique de ce rassemblement. D'après lui, ce symposium a battu des records absolus pour un événement thématique coorganisé par l'AFRICOM, avec la participation effective de 40 pays partenaires et de 27 représentants du secteur privé. Le général de brigade explique que la décision de regrouper pour la première fois la logistique et les communications au sein d'une même conférence répond à une évolution inéluctable des doctrines.

Il précise à cet égard que la logistique constitue la colonne vertébrale et les communications le système nerveux des capacités opérationnelles modernes. Les technologies et les équipements n'ont en effet aucune valeur si les forces ne parviennent pas à communiquer rapidement ou à soutenir efficacement leurs ressources sur le terrain.

Sur l'ensemble du continent africain, la convergence des menaces sécuritaires exige une capacité d'intervention rapide et une coordination renforcée. Le général de brigade a révélé à ce propos une détérioration alarmante du contexte sécuritaire, marquée par une augmentation spectaculaire du trafic illicite de stupéfiants dont le niveau actuel est plus de six fois supérieur à celui enregistré il y a seulement deux ans. Pour contrer ces réseaux criminels et lutter contre la traite des êtres humains, le haut responsable militaire estime que l'interopérabilité, la fiabilité des communications et le déploiement rapide de matériels sur de longues distances constituent des impératifs stratégiques fondamentaux.

Face à ces contraintes complexes, l'émergence des nouvelles technologies redessine en profondeur le paysage militaire et civil. Le directeur de la logistique à l'AFRICOM a affirmé que l'ère numérique, caractérisée par l'expansion des constellations de satellites, le déploiement de drones connectés, les communications mondiales et l'accélération de l'intelligence artificielle, transforme radicalement la conduite de la guerre ainsi que la structure même des sociétés. L'objectif fixé par le commandement américain consiste par conséquent à tester, apprendre et déployer des solutions expéditionnaires modulaires parfaitement adaptées aux spécificités des théâtres d'opérations africains.

Voir aussi- Économie numérique : La Côte d'Ivoire gagne 4% à l'Indice mondial de l'UIT

Au-delà des aspects purement militaires, la gouvernance de l'IA et la préservation de la souveraineté des données ont occupé une place centrale dans les débats. Interrogé sur les risques de dépendance technologique, Mark Mitchell a clarifié la position de l'administration américaine. D'après le sous-secrétaire adjoint au Commerce, la véritable souveraineté en matière d'IA ne consiste pas à construire l'intégralité d'une pile technologique trop complexe ou à viser une autosuffisance irréaliste. Elle réside plutôt dans la capacité des États à détenir et exploiter les meilleures technologies mondiales au profit de leurs populations, tout en gardant un contrôle absolu sur leurs propres données.

Mark Mitchell explique que les entreprises américaines proposent une infrastructure d'IA à grande échelle, dotée de chaînes d'approvisionnement sécurisées et de mécanismes de cryptage de pointe. Ces systèmes préviennent les risques d'intrusions par des portes dérobées et maintiennent la confidentialité des données sensibles à l'intérieur des frontières nationales.

En s'appuyant sur des modèles en open source configurables localement, les gouvernements africains peuvent optimiser leurs réseaux routiers, anticiper la maintenance des flottes et accélérer le passage douanier aux frontières. Des leviers décisifs pour maximiser les retombées de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le partenariat technologique et économique promu par les États-Unis s'illustre concrètement dans plusieurs nations clés du continent, notamment au Kenya, au Nigeria et en Côte d'Ivoire. À ce propos, Mark Mitchell a rappelé que la diplomatie commerciale américaine, la gouvernance des données et les accords d'investissement avec ces pays reposent sur la mise en place d'environnements réglementaires transparents et équitables.

Voir aussi- Elie Weudji, directeur général de EasyTransfert : ‘'Notre ambition est de devenir l'infrastructure de référence des paiements en Afrique''

Ces initiatives visent à renforcer les capacités locales de négociation et à diversifier les chaînes d'approvisionnement tout en préservant les souverainetés nationales. Pour soutenir cette dynamique, le département du Commerce et le département d'État ont mis en œuvre le programme intitulé "Assistance technique pour des infrastructures finançables en Afrique". Ce dispositif aide les gouvernements à structurer des projets bancables capables d'attirer des capitaux privés américains et de générer de la valeur ajoutée locale.

En outre, l'AFRICOM déploie sur le terrain militaire le programme A3I, axé sur quatre piliers stratégiques : évaluer, conseiller, soutenir et intégrer. Le général de brigade Paul G. Filcek indique que ce programme permet d'accompagner de manière ciblée les forces armées partenaires vers une autonomie opérationnelle accrue. Dans le cadre de ce processus, l'AFRICOM intègre directement l'IA générative lors de la phase de conseil pour élaborer des rapports logistiques nationaux personnalisés. Des pays comme le Ghana ont d'ores et déjà complété leur évaluation initiale et progressent vers les phases avancées de conseil et de plaidoyer.

Sur le plan économique et industriel, Mark Mitchell a souligné l'immense potentiel offert par le marché éthiopien, illustré par le projet d'extension de l'aéroport international de Bishoftu. De même, la visite du sous-secrétaire adjoint à l'Institut éthiopien de l'intelligence artificielle ouvre des perspectives prometteuses d'exportation de technologies américaines.

Anselme Akéko

Publié le 03/08/26 10:45

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

FAkRppxENTe-oDgE58eu4kPqLY5S83iXL16UJ443LqA False