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Gabon : Des investissements encore fortement concentrés dans les industries extractives

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Au Gabon, la reprise économique projetée à l'horizon 2026-2027 repose encore largement sur les secteurs extractifs. C'est le principal enseignement que met en avant la Banque mondiale dans ses Perspectives économiques mondiales de janvier 2026, qui classent le pays parmi les économies exportatrices de matières premières, où l'investissement demeure majoritairement orienté vers les hydrocarbures et les mines. Les données nationales confirment pleinement ce diagnostic.

Cette concentration se reflète d'abord dans la structure des échanges extérieurs. Dans ce groupe de pays dont fait partie le Gabon, la Banque mondiale rappelle que les matières premières représentent plus de 60 % des exportations. En 2022, la flambée des prix du pétrole et des métaux a fortement soutenu les recettes d'exportation, contribuant à un excédent courant à deux chiffres. En 2024, malgré la normalisation des cours, la position extérieure du pays est restée solide, avec un excédent proche de 4 % du PIB.

Sur le terrain de l'investissement, les chiffres du Tableau de bord de l'économie 2025-2026 confirment cette tendance. Entre 2017 et 2024, l'investissement privé est passé de 1 603,9 milliards FCFA à 3 507,2 milliards FCFA, soit une croissance annuelle moyenne de 11,8 %. Mais dans cette dynamique, 52,7 % de l'investissement privé total est resté concentré dans le pétrole et les industries extractives, dont les mines, au détriment d'une diffusion plus inclusive vers l'industrie manufacturière et les services.

Le secteur minier illustre d'ailleurs ce paradoxe. Entre 2022 et 2024, son chiffre d'affaires cumulé dépasse 2 100 milliards FCFA, avec un pic à près de 798 milliards FCFA en 2024, porté principalement par le manganèse. Pourtant, sa contribution à la richesse nationale demeure limitée à environ 6 % du PIB. Ce décalage traduit une faible valeur ajoutée locale, caractéristique des industries extractives peu intégrées aux chaînes de valeur domestiques.

La Banque mondiale projette une croissance du PIB gabonais de 3,7 % en 2026 puis 4,1 % en 2027, supérieure à celle de plusieurs pays de la CEMAC. Mais cette croissance est jugée encore modérée, ce qui confirme en même temps que dans les économies riches en naturelles comme le Gabon et la quasi totalité des pauvres de la CEMAC, la croissance reste principalement tirée par les investissements liés à l'extraction et à l'exportation, avec des effets d'entraînement limités sur l'emploi et la productivité hors secteur primaire.

Idrissa Diakité

Publié le 21/01/26 16:40

La Rédaction

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