Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, adopté en Conseil des ministres le 22 mai 2026, et en discussion devant le parlement depuis le 10 juin, formalise un exercice de consolidation budgétaire destiné à restaurer la crédibilité de la programmation de l'État, en ramenant le budget de 6 358,2 à 5 495,2 milliards FCFA, soit un ajustement de 862,9 milliards FCFA.
L'effort de rationalisation porte principalement sur l'investissement, avec une réduction de 968,1 milliards FCFA, à 1 169,1 milliards FCFA. Cette baisse traduit un exercice de sélectivité et résulte de la déprogrammation de projets ne disposant pas d'études de faisabilité, plutôt que d'un choix stratégique de réduction de l'enveloppe prioritaire. Sur les 1 169,1 milliards maintenus, 1 046,5 milliards proviennent des ressources propres de l'État, et le PLFR précise que l'effort vise à poursuivre les projets structurants dans l'énergie, l'eau, les routes, l'éducation, la santé et l'économie numérique.
La masse salariale témoigne quant à elle, d'une certaine stabilité maîtrisée : elle ne recule que de 1,1 milliard FCFA, à 958,6 milliards, une diminution obtenue par les opérations d'assainissement du fichier des agents publics plutôt que par une compression de l'enveloppe globale. Le gouvernement va plus loin sur ce chantier : le Conseil des ministres du 22 mai a instruit la mise en place d'un cadre plafonnant les rémunérations des dirigeants des établissements publics et sociétés d'État, signe d'une volonté de rationalisation qui se poursuit au-delà de ce seul exercice budgétaire.
Sur les transferts, le gouvernement a fait le choix de préserver le pouvoir d'achat des ménages les plus exposés : le soutien au prix des produits pétroliers progresse de 43,2 milliards FCFA, la stabilisation du prix de la farine de 2 milliards, et le soutien au carburant de la pêche industrielle de 2,3 milliards, ce qui explique que la baisse nette des dépenses de transferts ne soit que de 1,8 milliard FCFA malgré l'effort de consolidation d'ensemble.
L'État honore par ailleurs ses engagements envers ses partenaires financiers et fiscaux : les charges financières de la dette progressent de 67,7 milliards FCFA, à 487,6 milliards, et les dépenses de biens et services de 146,7 milliards, à 562,4 milliards, sous l'effet notamment d'une réévaluation des remboursements de TVA de 69,8 milliards FCFA, un geste de régularisation vis-à-vis des opérateurs économiques. Les charges de trésorerie et de financement s'élèvent à 1 336,2 milliards FCFA, dont 1 309,2 milliards consacrés à l'amortissement de la dette.
Cette structure d'ajustement, concentrée sur la sélectivité des investissements plutôt que sur les dépenses courantes ou les filets sociaux, est le type de signal qui, s'il se confirme dans la durée, peut nourrir la confiance des créanciers dans la capacité de programmation de l'État, à condition que le rythme de cette discipline budgétaire se maintienne au-delà de cet exercice rectificatif.
Idrissa Diakité
Publié le 16/06/26 14:50
La Rédaction
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