Gabon : La production pétrolière a poursuivi son repli au 3è trimestre

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Au troisième trimestre 2025, la production pétrolière du Gabon s'est contractée de 4,3 %, selon la dernière note de conjoncture sectorielle du ministère de l'Économie. Cette baisse correspond à une production moyenne estimée autour de 190 000 à 200 000 barils par jour, contre plus de 210 000 barils/jour observés en début d'année. Une contre-performance qui pèse lourdement sur l'activité extractive globale, en recul de 1,2 % sur la période, et confirme une tendance baissière désormais structurelle pour le principal pilier historique de l'économie gabonaise.

La cause est clairement identifiée : le vieillissement avancé des champs matures, combiné à des incidents techniques récurrents et à des contraintes de maintenance, continue d'éroder les volumes. Sur les neuf premiers mois de 2025, la production pétrolière affiche un repli cumulé de 2,1 %, prolongeant une trajectoire de long terme marquée par le déclin. Le Gabon produisait encore plus de 350 000 barils/jour au début des années 2000, contre moins de 200 000 barils/jour aujourd'hui. Cette dynamique contraint les opérateurs à réviser leurs prévisions et met en lumière les limites d'un modèle reposant encore largement sur des actifs arrivés à maturité.

Les répercussions macroéconomiques de ce recul sont significatives. La baisse des volumes, conjuguée au repli des cours internationaux, s'est traduite par une chute de 35,4 % de la valeur des exportations d'huiles brutes au troisième trimestre 2025. Or, le pétrole représente encore plus de 70 % des exportations et environ 40 % des recettes budgétaires du pays. Cette contraction affecte directement les recettes en devises, contribue à la dégradation du solde courant et réduit les marges de manœuvre budgétaires de l'État.

Dans ce contexte, la relance de l'exploration, notamment en offshore profond, apparaît de plus en plus inévitable. Des opérateurs internationaux, dont ExxonMobil, sont régulièrement cités parmi les acteurs voulant porter de nouveaux programmes d'exploration à risque. Faute de nouveaux gisements rapidement mis en valeur, le pétrole gabonais risque donc de continuer à se heurter à ses propres contraintes structurelles. Dans cette perspective, la montée en puissance d'autres moteurs comme le gaz naturel, le manganèse et les industries de transformation, apparaît comme une nécessité économique et budgétaire.

La Rédaction

Publié le 15/01/26 14:03

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