Conformément à l'article 59, alinéa 4 de la loi référendaire du 19 décembre 2024 instituant la Ve République, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma a prononcé le 15 juin 2026 son adresse sur l'état de la nation devant le Parlement réuni en Congrès au Palais Léon Mba. Cet exercice, présenté comme un moment de redevabilité dans un contexte de retour à l'ordre constitutionnel, a permis au chef de l'État de dresser le bilan des réformes engagées depuis 2023 tout en présentant les perspectives à venir. Trois mesures sociales chiffrées y figurent : 35 milliards FCFA pour la 3e phase des rappels de solde, 10 milliards pour le remboursement des épargnants de la Poste, et le lancement de 3 100 logements sociaux, autant de dossiers anciens que l'exécutif s'engage à faire aboutir.
Les rappels de solde, arriérés de salaire dus aux agents publics, actifs ou retraités, au titre d'avancements, de titularisations ou de reclassements administrativement actés mais jamais répercutés sur leur rémunération effective, parfois pendant plusieurs années, constituent une dette de l'État envers sa propre fonction publique, indépendante des salaires courants. C'est cette dette historique, accumulée sous les administrations précédentes, que les phases successives de paiement engagées depuis 2024 visent à régulariser.
Sur ce dossier, l'État poursuit un mouvement déjà engagé : la première phase, versée en novembre 2024, avait mobilisé 36,1 milliards FCFA pour 37 139 bénéficiaires, et la seconde, en avril 2025, plus de 63 milliards FCFA, avec quelques ajustements logistiques en cours d'apprentissage sur le terrain. La 3e phase annoncée s'inscrit dans la continuité de cet effort de régularisation des droits des agents publics.
Le remboursement des épargnants de la Poste avance également vers son aboutissement : la provision de 10 milliards FCFA, inscrite dès la loi de finances 2024 sur une enveloppe globale de 13,7 milliards, et déjà annoncée comme imminente en décembre 2024, est confirmée par le discours de juin 2026 comme prochaine étape concrète du processus. Le programme de 3 100 logements, lancé le 2 juin à Bikélé-Nzong et Essassa quant à lui, illustre une approche de financement particulièrement économe pour les finances publiques : il s'appuie sur la réaffectation de la prime de logement déjà versée aux fonctionnaires, évaluée à 10 milliards FCFA par mois soit 120 milliards par an.
Ces engagements s'inscrivent dans le cadre du PLFR 2026, qui affiche l'objectif explicite de " préserver les investissements prioritaires et les filets sociaux " au sein d'un budget par ailleurs consolidé. Le stock d'arriérés de paiement de l'État, qui s'élevait à 360 milliards FCFA à fin juillet 2025 puis à plus de 437 milliards à fin novembre 2025, donne la mesure du chemin de régularisation entrepris et le calendrier effectif d'exécution des 45 milliards FCFA annoncés sera le meilleur indicateur de la concrétisation de cet objectif.
Idrissa Diakité
Publié le 16/06/26 16:06
La Rédaction
SN
CEMAC