En juin 2025, la valeur des importations de riz du Ghana s'élevait à 38,92 millions de dollars (21,53 milliards FCFA), soit une hausse de 565,38% par rapport à la même période de l'année précédente, d'après Sinoimex, plateforme chinoise de données, spécialisé dans le renseignement sur le commerce mondial, les déclarations en douane et les statistiques sur les matières premières.
Pour tenter d'inverser cette tendance, la Banque africaine de développement (BAD) vient d'approuver un don de 18,8 millions de dollars, soit environ 10,6 milliards FCFA, en faveur du gouvernement ghanéen, pour soutenir le développement d'une filière rizicole plus résiliente, compétitive et moins dépendante des importations.
Ce financement s'inscrit dans le cadre du Programme régional REWARD (Resilient Rice Value Chains for West Africa), une initiative destinée à renforcer les chaînes de valeur du riz en Afrique de l'Ouest, face aux défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la croissance démographique, selon le communiqué de la BAD publié ce 3 août. À travers ce projet, la Banque panafricaine entend accompagner le Ghana dans l'augmentation de sa production de riz, afin de répondre à une demande intérieure en constante progression.
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L'objectif est double : réduire la dépendance du pays aux importations de riz, qui pèsent lourdement sur sa balance commerciale, tout en améliorant la compétitivité du riz produit localement. Le projet prévoit notamment des investissements dans la modernisation des systèmes de production, l'amélioration de la productivité agricole, le développement de l'irrigation ainsi que la mécanisation des exploitations agricoles. Les producteurs bénéficieront également d'un meilleur accès à des semences améliorées et à des intrants agricoles de qualité afin d'accroître durablement les rendements.
Au-delà de la production, le projet ambitionne de transformer l'ensemble de la filière. Les financements serviront à moderniser les unités de transformation du riz, améliorer les infrastructures de commercialisation et renforcer les liens entre les producteurs, les transformateurs et les marchés. Le secteur privé sera également davantage associé au développement de la chaîne de valeur, afin de stimuler les investissements, favoriser l'industrialisation agroalimentaire et créer davantage de valeur ajoutée au niveau local.
Pour la BAD, le projet dépasse largement le cadre de la seule production agricole. En effet, les investissements prévus dans une agriculture résiliente au changement climatique permettront non seulement d'améliorer la sécurité alimentaire, mais également de créer des emplois, tout au long de la chaîne de valeur et de soutenir une croissance économique plus inclusive.
Une réponse aux défis climatiques
Le programme REWARD accorde une place importante à l'adaptation de l'agriculture au changement climatique, devenu l'un des principaux freins au développement agricole dans la sous-région. Les investissements porteront sur la mise en place de systèmes de production plus résilients, le développement des aménagements hydro-agricoles et l'amélioration de la gestion des terres dans les principales zones de production rizicole. Cette approche vise à sécuriser les récoltes face aux aléas climatiques tout en renforçant la durabilité de la production.
La mise en œuvre du projet ciblera principalement plusieurs districts situés dans la zone écologique des savanes septentrionales, une région qui dispose d'un important potentiel agricole mais dont la productivité reste limitée par des infrastructures insuffisantes, une faible intégration des marchés et une forte vulnérabilité aux effets du changement climatique. En concentrant les investissements dans cette partie du pays, les autorités espèrent créer des pôles de production capables de soutenir durablement l'approvisionnement du marché national.
Au-delà du Ghana, ce programme régional participe aux efforts engagés par les pays d'Afrique de l'Ouest, pour bâtir des systèmes alimentaires plus performants, capables de mieux résister aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés internationaux, tout en renforçant durablement la sécurité alimentaire de la région.
Publié le 04/08/26 12:25
Narcisse Angan
SN
CEMAC