Le secteur énergétique au Ghana va mal. Il est confronté à la vétusté des installations, ainsi que des soucis dans la distribution, entrainant des coupures intempestives d'électricité voire des pénuries.
Face à cette situation qui cause du tort à l'économie du pays, de même qu'à l'endroit des populations, les autorités ont lancé le Programme de relance du secteur énergétique du Ghana pour les résultats (PforR), d''une durée de quatre ans visant à moderniser les infrastructures, en vue de répondre à la demande sans cesse croissante en énergie.
Cette initiative a reçu l'appui de la Banque mondiale qui a approuvé un soutien financier important à hauteur de 260 millions de dollars, soit 159,2 milliards FCFA, comprenant dans le détail un crédit de 250 millions de dollars de l'IDA, Association internationale de développement (son fonds dédié au pays les plus pauvres), et une subvention supplémentaire de 10 millions de dollars, émanant de son programme d'assistance à la gestion du secteur énergétique.
‘'Ce soutien financier viendra compléter les réformes réglementaires et politiques dans le secteur énergétique du Ghana, telles qu'approuvées par la série de financements des politiques de développement de la Banque mondiale et le programme en cours de facilité de crédit élargie du FMI pour le Ghana'', souligne le communiqué publié ce 12 juin. Le programme va se concentrer sur ‘'l'amélioration des capacités institutionnelles et de la responsabilité'' en plus de fournir un financement direct aux services publics du secteur de l'énergie pour mettre en œuvre des programmes.
Voir aussi - Ghana : Un Délestage de 3 semaines prévu pour fourniture insuffisante de gaz depuis le Nigéria
Un autre aspect important du PforR est relatif à l'amélioration de l'accès au Gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour un usage domestique et commercial. Il comprend des incitations directes pour subventionner le coût des cuisinières et des accessoires, améliorant ainsi la disponibilité de solutions de cuisson propres pour les ménages, et les entreprises du pays.
‘'Grâce à cet important financement basé sur les résultats, la Banque mondiale s'engage à soutenir la reprise du secteur énergétique du Ghana et sa viabilité financière. L'opération vise à renforcer la collecte des recettes et à améliorer la qualité de l'approvisionnement en énergie, grâce à des investissements dans les compteurs prépayés et dans les systèmes commerciaux et de gestion des compteurs des services publics de distribution'', a déclaré Robert Taliercio, directeur pays de la Banque mondiale pour le Ghana, le Libéria et la Sierra Leone.
Signalons que le Ghana est un producteur de gaz et de pétrole. Cependant, le pays est devenu ces dernières années, très dépendant du gaz comme principale source d'énergie pour la production d'électricité, ce qui a exacerbé les pénuries d'électricité. Il importe donc du gaz depuis le Nigéria, via le gazoduc ouest-africain (West African Gas Pipeline, WAGP) de 678 kilomètres qui relie les deux pays en passant par le Bénin et le Togo.
L'annonce d'un délestage de trois semaines dans le pays, en raison de la réduction du volume de gaz opéré par le fournisseur nigérian qui a engagé des travaux de maintenance de ses infrastructures, a soulevé une levée de bouclier de la population la semaine dernière.
Publié le 19/06/24 13:42
Narcisse Angan
SN
CEMAC